7+ · Philosophie
Les philosophies
japonaises
Un voyage parmi les idées
Les philosophies japonaises
Un voyage parmi les idées

Un bol un peu tordu, des pétales qui tombent, un artisan qui recommence son geste… Au Japon, ces choses ordinaires peuvent donner beaucoup à penser.
Au fil des siècles, des maîtres, des artistes et des écrivains ont proposé différentes façons de regarder le monde. Certaines sont très anciennes. D’autres sont récentes.
Notre voyage passe par un monastère, un atelier, une forêt et une maison. Chaque lieu ouvre une nouvelle idée.

Le zen : être là
L’attention dans les gestes

Dans un monastère zen, un moine reste assis en silence. Il pratique zazen, une forme de méditation.
Le zen appartient au bouddhisme, une religion. Il accorde une grande place à la pratique : apprendre ne consiste pas seulement à écouter des paroles.
Il y a huit siècles, le maître Dōgen expliquait aussi l’importance des gestes de chaque jour. Préparer un repas demande du soin. Une petite tâche mérite une vraie attention.

Le wabi-sabi : une autre beauté
Le simple et le temps qui passe

Sur une table, un bol fabriqué à la main n’est pas parfaitement rond. Sa couleur varie. Pourtant, il est beau.
Le wabi-sabi invite à apprécier certaines choses simples, irrégulières ou marquées par le temps. Du bois patiné peut avoir autant de charme qu’un objet tout neuf.
Cela ne veut pas dire travailler n’importe comment ! Un artisan peut apporter beaucoup de soin à un objet qui garde un aspect naturel.

Le kintsugi : réparer avec soin
Une histoire qui reste visible

Un bol est tombé. Il est cassé, mais son histoire peut continuer.
Le kintsugi est un art japonais de la réparation. Un artisan rassemble les morceaux avec de la laque, puis peut souligner les jointures avec de la poudre d’or.
Les lignes brillantes montrent la réparation. Le bol garde la trace de ce qui lui est arrivé. Il a fallu du temps, de l’habileté et de la patience pour le réparer.

L’ikigai : ce qui compte
Les raisons d’aimer ses journées

Construire un bateau miniature, retrouver un ami, prendre soin d’un animal : certaines choses donnent envie de commencer la journée.
Le mot japonais ikigai désigne ce qui donne du sens et de la valeur à la vie. Cela peut être une activité, un lien avec quelqu’un ou un projet.
Il n’est pas nécessaire de devenir célèbre. Les choses qui comptent peuvent être toutes simples, et elles peuvent changer en grandissant.

Le kaizen : un progrès après l’autre
Le soin du travail bien fait

Un artisan cherche sans cesse son petit marteau. Il lui prépare une place près de son établi. Son travail devient plus facile.
Cet exemple aide à comprendre le kaizen : améliorer sa manière de faire, en observant ce qui pourrait mieux fonctionner. Cette démarche est notamment utilisée dans les entreprises japonaises.
Un petit changement utile peut compter. Encore faut-il regarder le résultat : si cela ne marche pas mieux, on essaie autrement.

Le shinrin-yoku : entrer dans la forêt
Un bain… sans baignoire

Sous les arbres, les pas ralentissent. On entend les feuilles, on remarque la lumière entre les branches, on sent l’odeur de la terre.
Shinrin-yoku se traduit par « bain de forêt ». Il ne s’agit pas de se baigner dans l’eau, mais de passer un moment attentif dans les bois.
Ce nom a été proposé au Japon en 1982. C’est une pratique moderne, même si les humains aiment les forêts depuis bien plus longtemps.

Le minimalisme : de la place pour l’essentiel
Une idée de Fumio Sasaki

Une chambre peut contenir tant d’objets qu’on n’y retrouve plus ses affaires. Posséder davantage n’aide pas toujours à mieux en profiter.
L’écrivain japonais Fumio Sasaki raconte comment il a choisi de vivre avec moins d’objets. Cette démarche s’appelle le minimalisme.
Cela ne veut pas dire qu’il faut jeter ses livres ou ses souvenirs. Le plus intéressant est de choisir ce qui est utile ou précieux pour soi. Les choix des autres peuvent être différents.

Les fleurs ne restent pas toujours
La beauté d’un moment

Les cerisiers fleurissent, puis leurs pétales tombent. Le paysage change.
L’expression mono no aware parle notamment de l’émotion que l’on ressent devant les choses qui passent. On peut être heureux de leur beauté et un peu triste qu’elle ne dure pas.
Une fête se termine, une saison s’en va. Un beau moment peut être précieux même s’il ne dure pas toujours. Les souvenirs gardent quelque chose de lui.

Les mots du voyage
Pour garder les idées en tête
- Zen
- Une voie bouddhiste qui donne une grande place à la pratique.
- Wabi-sabi
- Apprécier une beauté sobre et les marques du temps.
- Kintsugi
- Réparer une céramique avec de la laque, parfois soulignée d’or.
- Ikigai
- Ce qui donne du sens et de la valeur à la vie.
- Kaizen
- Chercher des améliorations et regarder leurs résultats.
- Shinrin-yoku
- Passer un moment attentif dans la forêt.
- Minimalisme
- Choisir la place que l’on donne aux objets.
- Mono no aware
- Être touché par les choses et par le temps qui passe.
Pour les adultes qui accompagnent la lecture
Livres à l’origine du parcours
Dai Nippon Teikoku · 2023 · ISBN 9798375416021
Takashi Sato · édition française, 2024 · ISBN 9798332309090
Fumio Sasaki · Guy Trédaniel · édition poche, 2025
Les scènes sont des illustrations originales évocatrices, et non des photographies ou des reproductions d’objets de musée.
