Louis Braille
Un alphabet au bout des doigts
Coupvray et Paris · 1809–1852
Louis Braille
Un doigt avance sur le papier. Une lettre, puis une
autre. Louis veut que la même main puisse aussi
écrire une réponse.
Le cuir et les outils
Louis Braille naît en 1809 dans un village près de Paris. À trois ans, il se blesse à un œil dans l’atelier de son père bourrelier. Une infection atteint ensuite l’autre œil. Il devient aveugle.
Louis est scolarisé dans son village puis admis, à dix ans, à l’Institution royale des jeunes aveugles à Paris. Il y trouve des professeurs, des camarades et des livres qui se lisent au toucher.
Des lettres grandes comme le doigt
À Paris, Louis lit des lettres ordinaires imprimées en relief. Il en suit le contour avec le doigt. Les livres sont encombrants, les lettres lentes à reconnaître et la méthode ne lui permet guère d’écrire lui-même un petit mot.
Les ouvrages en caractères latins en relief s’inscrivent dans la tradition de Valentin Haüy. Ils rendent le livre accessible au toucher, mais reproduisent des formes d’abord conçues pour l’œil.
Beaucoup de points à reconnaître
Charles Barbier a conçu une écriture en points saillants. Ses signes peuvent compter jusqu’à douze positions, en deux colonnes. Louis en voit l’intérêt, mais veut une cellule plus petite et un code qui permette d’écrire les lettres.
Le procédé de Barbier utilise notamment des combinaisons pour représenter des sons. Braille en retient le relief ponctuel et recompose le système pour répondre aux usages des lecteurs et des scripteurs aveugles.
Six places suffisent
Vers quinze ans, Louis organise sa cellule en deux colonnes de trois points. Il laisse certaines places vides et en marque d’autres. Avec peu de positions, il obtient beaucoup de signes différents.
Avec six positions binaires, il existe 64 configurations, cellule entièrement vide comprise. Les alphabets braille attribuent des valeurs à ces configurations. Des signes préfixes et des combinaisons étendent les usages possibles.
Le mot sous la main
Sur une tablette, un poinçon repousse le papier. Louis écrit de droite à gauche sur l’envers. Quand il retourne la feuille, les bosses apparaissent dans le bon sens pour lire de gauche à droite.
Dans une cellule lue à l’endroit, les points 1, 2 et 3 descendent dans la colonne de gauche. Les points 4, 5 et 6 descendent dans celle de droite. La représentation ci-dessous permet de voir le codage du mot « lire ».
Des notes pour la musique
Louis devient professeur et organiste. Il met au point une notation musicale tactile. En 1829, il publie un livre exposant son procédé pour écrire les paroles et la musique à l’aide de points.
La deuxième édition, en 1837, présente un système remanié. Ses usages se diffusent peu à peu, d’abord grâce aux lecteurs et aux élèves qui en éprouvent chaque jour les avantages.
De la feuille au lecteur
Sur la tablette traditionnelle, on écrit au revers du papier.
La réglette guide le poinçon vers les positions prévues dans chaque cellule.
La pression repousse le papier. L’écriture sur l’envers avance de droite à gauche.
On retourne la feuille. Les bosses se lisent maintenant de gauche à droite.
La tablette et le poinçon
Un livre en relief donne accès à une histoire. Avec la tablette et le poinçon, on peut aussi prendre des notes et écrire soi-même un message.
Le poinçon forme un point sans découper le papier. L’espacement régulier aide le lecteur à séparer les cellules et les lignes.
Des langues, un principe tactile
Le braille n’est pas une langue. C’est un système d’écriture tactile utilisé pour le français, le polonais et bien d’autres langues.
Les valeurs de certains signes, les abréviations et la notation des accents varient selon les langues et les conventions. Une cellule doit donc être interprétée dans son contexte.
Une idée portée par ses lecteurs
Louis Braille meurt en 1852. La reconnaissance institutionnelle du système en France intervient après sa mort, en 1854. Les élèves s’en étaient déjà servis auparavant.
Sa diffusion internationale prendra encore du temps. Des systèmes tactiles concurrents ont longtemps coexisté et l’adoption dépend aussi des livres, des écoles et du matériel disponible.
Les repères du récit
- Vers 1824 — Il met au point la première forme de son système à six points.
- 1829 puis 1837 — Deux éditions présentent et perfectionnent son procédé.
Louis Braille naît à Coupvray.
Il entre à l’Institution royale des jeunes aveugles à Paris.
Le système est officiellement adopté en France, deux ans après sa mort.
Sources
Repères et illustrations.
Les dates et faits du récit s’appuient sur des repères historiques établis (ateliers, publications, institutions liées aux inventeurs).