Isabella Bird
Isabella Bird
Le chemin finit sous une paroi de granite. Isabella Bird doit s’aider des mains, suivre les indications de ses compagnons et accepter un coup de main là où le passage devient trop raide. Plus tard, dans une lettre à sa sœur, elle dira comment elle est montée sur le Longs Peak. Le lecteur pourra presque poser le pied après elle.
Une santé fragile, une curiosité forte
Isabella Bird connaît une santé fragile et une vie qui semble lui réserver peu d’aventures. Les voyages lui ouvrent pourtant un autre espace. Elle découvre qu’elle peut supporter sur la route des efforts que son entourage n’aurait pas imaginés pour elle. Partir modifie son rapport à sa santé. Sur la route, elle découvre les efforts qu’elle est capable d’accomplir.
Les Rocheuses à cheval
En 1873, Isabella parcourt les Rocheuses du Colorado à cheval. Les logements sont sommaires, le temps change vite et les distances se comptent en journées. Ses lettres à sa sœur feront vivre ces paysages à des lecteurs restés en Grande-Bretagne. La selle, l’état du sentier et la prochaine halte comptent bien davantage que la distance mesurée à vol d’oiseau.
L’ascension de Longs Peak
Isabella gravit Longs Peak avec des compagnons. La montagne exige des gestes et une assurance qui ne s’apprennent pas dans un salon. Elle raconte l’effort sans se présenter comme une athlète invincible : l’aide reçue fait partie de l’aventure. Au Longs Peak, elle reçoit notamment l’aide de Jim Nugent. Dans sa lettre, elle laisse une place à ceux qui l’ont aidée.
Une lettre pour Henrietta
À qui raconter une montée si difficile qu’on a parfois dû se hisser sur le rocher avec l’aide des autres ? À sa sœur Henrietta, bien sûr. Les lettres du Colorado gardent le chemin, les rencontres et l’humour de leurs échanges. Réunies dans un livre, elles donnent au lecteur la place très particulière d’un proche qui attend des nouvelles.
Le Japon loin des chemins faciles
En 1878, Isabella voyage dans le Japon, accompagnée d’un interprète. Elle gagne des régions peu fréquentées par les visiteurs occidentaux. Les difficultés de logement, de nourriture et de communication deviennent la matière d’un livre attentif à la vie quotidienne. Au Japon, Ito négocie les étapes et traduit. Ses choix orientent aussi les rencontres dont le lecteur aura connaissance.
Ito a son propre métier
Au Japon, Bird ne parle pas assez la langue pour régler seule toutes ses affaires. Ito, son jeune interprète, lui permet de se loger, de circuler et de converser. Lorsqu’une réponse arrive sur la page anglaise, elle a souvent déjà voyagé d’une langue à l’autre. Une journée qui semble n’appartenir qu’à la narratrice est le produit de plusieurs personnes.
Encore plus loin en Asie
Les voyages d’Isabella la conduisent notamment en Perse, au Ladakh, en Corée et en Chine. La photographie prend une place croissante dans son travail. Elle ne traverse pas seulement les paysages : elle prépare ce qu’elle pourra transmettre au retour. En montagne, transporter un appareil ancien ajoute le poids du bois, de l’optique et des plaques de verre.
Une voix reconnue
En 1892, Isabella Bird figure parmi les premières femmes élues à la Royal Geographical Society. Son parcours associe voyage, écriture et photographie. La femme que l’on aurait pu croire destinée à rester chez elle a construit une œuvre qui fait partir les autres. Elle fait partie des premières femmes élues en 1892 à la Royal Geographical Society, aux côtés d’autres voyageuses.
À toi de poursuivre le voyage
Bird sait faire sentir la pente d’un chemin, la fatigue du soir et la présence d’un compagnon. On la suit d’autant mieux qu’elle montre les personnes et les objets dont elle dépend, du cheval du Colorado aux mots de son interprète et au verre fragile d’une photographie.