Mary Kingsley
Mary Kingsley
Un poisson glissant, un bocal et du papier. Mary Kingsley vient de recueillir un spécimen. Si elle oublie d’indiquer où il a été pris, un savant saura peut-être le nommer, mais il aura perdu une partie de son histoire. Sur l’Ogooué, l’aventure se joue parfois à la taille d’une étiquette.
1893-1895 · Grande-Bretagne · côte ouest-africaine · Gabon · Cameroun
Apprendre avant de partir
Mary Kingsley passe une partie de sa jeunesse à s’occuper de ses parents et à lire. Après leur mort, elle peut partir. En 1893, elle rejoint l’Afrique occidentale avec l’envie d’observer la nature et de mieux comprendre les habitants. Le jour du départ, elle emporte le fruit d’années de lecture. Sur place, il faudra parfois revoir ce qu’elle croyait déjà comprendre.
Le fleuve comme chemin
Au cours de son second voyage, Mary remonte l’Ogooué. Les pagayeurs manœuvrent entre courants et rapides. Elle apprend à se fier aux compétences de ses compagnons. La rivière paraît un chemin commode, jusqu’au moment où elle oblige à tout débarquer. Un bon coup de pagaie donné trop tôt peut déséquilibrer une petite embarcation. Il faut lire le mouvement de tout l’équipage. Nous sommes en 1895, au Gabon. Dans les bagages du retour, des poissons recueillis sur ces routes d’eau vont voyager jusqu’à Londres.
Conserver un poisson, garder un savoir
Mary collecte des poissons et d’autres animaux pour les naturalistes britanniques. Trouver un spécimen n’est que le début. Il faut le conserver, noter son origine et le transporter sans le perdre. Une petite boîte peut contenir des semaines de travail. En Europe, le spécialiste ne verra ni la rivière ni le pêcheur. Il dépendra des indications qui accompagnent l’animal.
Une étiquette voyage avec un poisson
Dans un bocal, un petit poisson conserve ses nageoires et ses écailles. Sur un papier, sa provenance garde la trace d’une eau particulière. Au retour de Kingsley, Albert Günther étudie des poissons et des reptiles qu’elle a rapportés. Le travail mené au bord de l’eau arrive ainsi sur la table d’un spécialiste.
Écouter dans les villages
Mary s’intéresse aux croyances et aux usages, notamment parmi les Fang. Elle conteste certaines idées toutes faites répandues en Europe. La conversation et l’observation deviennent pour elle des moyens de voyager aussi importants que la pirogue. Les réponses concernent des familles et des communautés précises. Il serait trompeur de les étendre à tout un continent.
Une montagne au-dessus de la forêt
En 1895, Mary réalise une ascension du mont Cameroun. La progression traverse des milieux très différents. La voyageuse qui a passé des journées sur les rivières doit maintenant trouver son rythme sur les pentes, avec ses compagnons et leurs connaissances du terrain. La chaleur humide de la forêt cède la place à des pentes volcaniques plus ouvertes. Les repères du fleuve ont disparu.
Du courant à la lave
Après les rivières, une montagne. En 1895, Kingsley monte sur le volcan du Cameroun. Les arbres s’espacent, le sol devient plus rude et le temps change avec l’altitude. Sur une pirogue, les meilleurs repères étaient le courant et les rochers. Ici, c’est le versant qu’il faut apprendre à lire avec les compagnons de l’ascension.
Une aventure qui devient un livre
Travels in West Africa paraît en 1897. Le livre associe observations, humour et prises de position. En 1900, Mary part soigner des prisonniers pendant la guerre des Boers et meurt de la typhoïde. Sa dernière mission est un service auprès des malades. La voyageuse manie l’humour, y compris lorsqu’elle raconte ses propres maladresses.
À toi de poursuivre le voyage
Pour suivre Kingsley, il faut tenir en équilibre dans une petite pirogue et savoir se pencher sur un animal de quelques centimètres. L’aventure conduit ensuite dans un livre, puis dans un musée. Un détail correctement observé peut y rester utile bien plus longtemps que le voyage.
Sur quel fleuve voyage-t-elle au Gabon ?
Sources
- Details - Report on a collection of reptiles and fishes made by Miss. M. H. Kingsley during her travels on the Ogowe River and in Old Calabar - Biodiversity Heritage Library — https://www.biodiversitylibrary.org/part/58454
- Kingsley’s second West African journey was in 1894. She sailed to Calabar with Lady MacDonald, whose husband was the governor there. She stayed at Calabar for five months, collecting fish and insect specimens. She then embarked on a voyage to the upper Ogowé River in Gabon. She established a base at Lambaréné and made a daring trip up-river by canoe with an African crew. Later, she undertook an even more ambitious river journey northwards, cutting through unexplored bush. — https://prm.web.ox.ac.uk/files/mavungupdf