Norvège
Fjords, union et pétrole
La mer est le premier grand chemin
Après la dernière grande glaciation, des groupes humains s’installent progressivement sur les côtes. Ils trouvent des poissons, des animaux et des matières pour fabriquer des outils. La vie demande beaucoup de savoir-faire.
Ce n’est pas encore un pays avec une capitale et une frontière tracée.
Des communautés apprennent à vivre dans des paysages différents.
Plus tard, la mer continuera de relier les habitants : quand une montagne rend le passage difficile, un bateau peut ouvrir une autre route.
Une côte qui relie autant qu'elle sépare
Norvège s’étire le long de la mer, à l’ouest de la péninsule scandinave. Sur le continent, elle touche la Suède, la Finlande et la Russie. Oslo est sa capitale.
Les fjords sont de longs bras de mer qui entrent entre les montagnes.
Une côte très découpée rend les bateaux précieux. La carte montre les frontières actuelles : autrefois, les royaumes et leurs limites ont changé. Le Svalbard se trouve beaucoup plus au nord, dans l’Arctique.
Un bateau ouvre l’horizon
Les artisans construisent des navires avec des planches qui se chevauchent. Une coque bien assemblée peut être solide et souple.
Avec la voile ou les rames, les voyageurs atteignent d’autres rivages.
Certains partent commercer ou s’installer ailleurs ; d’autres pillent et font des prisonniers. Il ne faut pas cacher ces violences, ni réduire toute la société à elles. Les familles cultivent, pêchent et travaillent aussi dans les villages. Les casques à cornes des déguisements ne décrivent pas l’équipement habituel des Vikings.
Des rois, des églises et de nouveaux liens
Le royaume se construit progressivement : plusieurs chefs cherchent à rassembler des territoires. Les rois soutiennent aussi le christianisme, qui se diffuse avec des échanges et parfois des conflits.
Tout le monde ne change pas de croyance en une journée.
Les charpentiers bâtissent des églises en bois. Celle de Borgund, construite vers 1180, montre encore leur habileté. Les poteaux portent l’édifice ; les toits se superposent. La foi, les fêtes, les lois et les bâtiments transforment peu à peu la vie des communautés.
Bergen vend du poisson au loin
Les morues séchées arrivent des régions du Nord. À Bergen, les marchands les échangent avec d’autres pays, notamment contre des céréales. Les bateaux transportent donc des choses nécessaires à la vie, pas seulement des trésors.
Le commerce fait entrer la Norvège dans de grands réseaux européens. Le pays partage ensuite longtemps ses souverains avec le Danemark. Ces unions changent au fil des siècles. Les habitants gardent leurs villages et leurs métiers, tandis que beaucoup de grandes décisions sont prises loin d’eux.
Le Nord possède plusieurs langues et plusieurs histoires
Les Sámis vivent depuis longtemps dans des régions qui appartiennent aujourd’hui à la Norvège, à la Suède, à la Finlande et à la Russie. Leur histoire précède les frontières actuelles.
L’élevage des rennes est important pour certaines familles ; il ne résume pas tous les Sámis. On trouve aussi des pêcheurs, des artisans et bien d’autres métiers. Des politiques ont autrefois affaibli leurs langues. Aujourd’hui, un Parlement sámi en Norvège aide à défendre leurs intérêts et à transmettre leur culture.
Une Constitution, puis encore une union
Des Norvégiens veulent décider de leur avenir. À Eidsvoll, des représentants rédigent une Constitution, datée du 17 mai.
Une courte guerre conduit pourtant à l’union avec la Suède. Norvège conserve sa Constitution et son Parlement, avec des adaptations. C’est un grand pas pour son autonomie, mais pas encore la pleine indépendance. Cette différence explique pourquoi 1814 et 1905 sont deux dates distinctes de son histoire.
Le pays reprend toute son indépendance
Des désaccords finissent par rendre cette union difficile à maintenir. En 1905, elle est dissoute après des votes et des négociations.
Le pays choisit de rester une monarchie. Le prince danois Carl devient le roi Haakon VII. La séparation évite une guerre. Les femmes participent fortement aux pétitions, même si elles sont exclues du référendum. En 1913, elles obtiennent le droit de vote national dans les mêmes conditions que les hommes.
Garder l'espoir pendant l'occupation
Le 9 avril 1940, l’Allemagne nazie attaque la Norvège. Le roi et le gouvernement poursuivent la lutte depuis l’exil. Dans le pays occupé, des personnes résistent, transmettent des nouvelles ou aident ceux qui sont en danger.
Écouter une radio interdite peut devenir un acte courageux. Mais ces années sont aussi celles des persécutions et de la collaboration avec l’occupant. La libération arrive en 1945. Le pays doit alors réparer les destructions et reconstruire une vie libre, sans oublier ce qui s’est passé.
L'eau, la mer et beaucoup de métiers
Norvège utilise la force de ses chutes d’eau pour produire de l’électricité. Les centrales alimentent des usines bien avant l’arrivée du pétrole. Des ingénieurs, des ouvriers et des entrepreneurs construisent cette industrie.
En 1969, on découvre du pétrole à Ekofisk, sous la mer ; la production commence en 1971. Une partie des revenus publics est ensuite épargnée pour l’avenir. La pêche, les navires, les services et le tourisme restent aussi importants. Une ressource devient une richesse grâce au travail et à l’organisation.