Jacques Cartier
Jacques Cartier
La glace a pris les bateaux. Chez Cartier, des hommes trop faibles pour se tenir debout ne peuvent même plus aller chercher du bois. Or voici Domagaya, que le capitaine avait vu malade. Il marche, lui ! Que s’est-il passé ? Pour comprendre comment un équipage en arrive à compter sur un arbre, il faut remonter le fleuve avec lui.
Cartier accomplit trois voyages entre 1534 et 1542. À chaque retour, le roi attend des richesses et une route vers l’Asie. Le marin rapporte autre chose de durable. Son récit permet de suivre le Saint-Laurent, de reconnaître ses affluents et de retrouver certains de ses villages.
Le roi regarde vers l’ouest
En 1534, François Ier confie une mission à Jacques Cartier. Le marin de Saint-Malo cherche des richesses et une route possible vers l’Asie. Il explore le golfe du Saint-Laurent, dans des régions que fréquentent déjà des pêcheurs européens. Jusqu’où peut-on aller au-delà des lieux de pêche déjà connus ? C’est la question que le roi pose à son capitaine.
La France veut prendre sa place dans les entreprises atlantiques. Cartier navigue dans un espace qui n’est inconnu ni de ses habitants ni de tous les marins.
Un mot devient un nom
Lors de ses rencontres avec les Iroquoiens du Saint-Laurent, Cartier entend le mot kanata, qui désigne un village. Il l’emploie pour parler d’une région. Peu à peu, ce mot deviendra le nom du Canada, bien plus vaste que son sens de départ. Imagine un visiteur qui entendrait le mot « village » et le prendrait pour le nom de toute ta région.
Les noms européens conservent ainsi parfois une trace des langues locales, tout en transformant leur signification.
Remonter le grand fleuve
En 1535, Cartier remonte le Saint-Laurent, passe par Stadaconé et atteint Hochelaga, près de l’actuelle Montréal. Le fleuve paraît ouvrir une porte vers l’intérieur du continent. Mais les rapides rappellent que toutes les routes d’eau ne se parcourent pas avec les mêmes bateaux. Les grandes voiles ont servi dans l’Atlantique. Ici, le marin écoute des hommes qui savent distinguer un bras tranquille d’un rapide.
Les habitants lui fournissent des indications essentielles. La connaissance locale devient une condition de l’exploration.
Quand le fleuve se ferme
Les navires sont entrés par l’eau. Quelques mois plus tard, la glace tient leurs coques prisonnières. Il faut hiverner près de Stadaconé. Une journée a changé de prix. On doit chauffer, protéger les réserves et espérer que suffisamment d’hommes garderont la force de préparer le départ du printemps.
Un même mouillage peut servir d’abri en été et devenir un piège en hiver. Le changement de saison transforme les décisions du navigateur.
Le secours venu du pays
L’hiver près de Stadaconé est terrible. Le scorbut atteint l’équipage. Cartier apprend de ses interlocuteurs iroquoiens l’usage d’une préparation végétale qui aide les malades. Les hommes venus explorer doivent leur survie à un savoir qu’ils ne possédaient pas. Le bois destiné au feu et l’eau à faire chauffer deviennent des ressources aussi précieuses que les cordages.
Le remède apporte de la vitamine C, même si les voyageurs ne connaissent pas encore cette explication.
Le secret de Domagaya
Cartier voit que Domagaya a repris des forces et lui demande comment il s’est soigné. Deux femmes vont chercher de quoi préparer un remède avec un arbre appelé annedda. On fait bouillir la préparation. Des malades se remettent. Pour cette fois, ceux qui avaient traversé l’océan sont les élèves.
Le scorbut vient d’un manque de vitamine C. L’identification précise de l’arbre nommé dans le récit reste discutée. Les personnes qui transmettent le remède sont mieux attestées.
Une confiance abîmée
Cartier emmène de force le chef Donnacona et plusieurs de ses proches en France. Donnacona y meurt sans revoir son pays. L’histoire du navigateur comprend donc aussi une rupture de confiance avec des hommes dont il avait reçu renseignements et assistance. D’un côté de l’océan, on attend des renseignements pour le roi. De l’autre, des familles ont perdu les leurs.
La prise d’otages sert des objectifs de prestige, d’information et de contrôle. Elle compromet les relations futures.
L’or qui n’en était pas
Lors de son dernier voyage, Cartier croit trouver de l’or et des diamants. Ce sont notamment de la pyrite et du quartz. Le projet d’installation échoue. Pourtant, ses voyages ont donné à la France une connaissance décisive du Saint-Laurent. Cartier rentre avec sa cargaison. La lumière du port de France n’en changera ni la couleur ni la véritable valeur.
Une expédition peut manquer ses objectifs immédiats tout en préparant une histoire plus longue. Champlain reprendra cette voie des décennies plus tard.
L’or au soleil
À Cap-Rouge, une pierre jaune brille comme le métal que Cartier cherche. Des cristaux clairs rappellent le diamant. On comprend son empressement. Mais la pyrite et le quartz n’ont pas la valeur de la cargaison espérée. Regarde la petite différence entre « cela ressemble à de l’or » et « c’est de l’or ». Tout le dernier voyage tient dans cet écart.
Trois départs, trois paris
Premier voyage, reconnaissance du golfe.
Remontée vers Hochelaga.
Hivernage près de Stadaconé.
Retour en France au terme du troisième voyage.
Le premier voyage reconnaît le golfe. Au deuxième, les Français remontent jusqu’à Hochelaga et affrontent l’hiver près de Stadaconé. Le troisième comporte un projet d’établissement. Chaque départ change la question posée au pays et engage davantage la responsabilité du capitaine envers ses hommes et les habitants.
L’enquête continue
Une caisse de pierres a déçu le roi. Un simple renseignement a rendu des forces à des malades. Un mot de village est devenu le nom d’un pays. En lisant Cartier, on découvre que les choses les plus précieuses d’une expédition sont souvent celles qu’on ne savait pas chercher.
À TOI DE MENER L’ENQUÊTE
1. Quel grand fleuve Cartier remonte-t-il ?
2. Que signifie kanata ?
3. Qui explique à Cartier comment il a retrouvé des forces ?
4. Que sont les « diamants » de Cartier ?