SAVANTISSIMO
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Jean-François Champollion

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Jean-François Champollion

Illustration de la page « Jean-François Champollion ».

Regarde un oiseau dessiné sur une feuille. Comment saurais-tu s’il représente un oiseau, un son ou un morceau de mot ? Champollion affronte ce casse-tête sur sa table de travail. Quand il pourra enfin naviguer sur le Nil, six ans plus tard, les parois des temples lui réserveront un plaisir rare. Il pourra y lire des noms.

Dans les copies d’inscriptions, il compare des groupes de signes et des noms de souverains. En 1822, il présente ses résultats devant les savants à Paris. Son apprentissage du copte lui fournit un secours décisif. Une langue conservée dans des livres et dans la liturgie l’aide à retrouver des mots de l’Égypte ancienne.

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Une écriture devenue mystérieuse

Illustration de la page « Une écriture devenue mystérieuse ».

Des oiseaux, des yeux, des lignes : les hiéroglyphes couvrent les monuments égyptiens. Pour Champollion, ils ne sont pas un simple décor. Derrière les signes se cachent des mots, des noms et une histoire que l’on peut retrouver. Il faut apprendre à repérer un signe qui revient, même lorsque le graveur en a un peu changé la forme.

Né à Figeac en 1790, il étudie les langues avec une intensité remarquable, notamment le copte.

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Une langue donne de la voix aux dessins

Illustration de la page « Une langue donne de la voix aux dessins ».

Avant de déchiffrer les murs, le jeune Champollion étudie le copte. Cette langue descend de l’ancien égyptien. Elle a conservé des mots qu’il peut rapprocher de ceux qu’il cherche. Imagine que tu reconnaisses soudain, dans une inscription muette, un mot dont tu connais déjà le son. La comparaison ouvre une piste que d’autres noms devront confirmer.

Le copte écrit les mots avec un alphabet en grande partie dérivé du grec. Il donne des indices sur la langue que cachaient les hiéroglyphes.

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Une pierre, plusieurs écritures

Illustration de la page « Une pierre, plusieurs écritures ».

La pierre de Rosette présente un même décret en grec et dans deux écritures égyptiennes. Le grec peut être lu. Mais posséder une traduction ne suffit pas : il faut comprendre comment les signes égyptiens représentent la langue. Champollion travaille en France à partir de copies. La pierre elle-même est à Londres. Une bonne reproduction peut faire voyager une découverte.

Champollion travaille à partir de copies et compare d’autres inscriptions. Plusieurs savants, dont Thomas Young, contribuent à la recherche.

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Les signes ont plusieurs rôles

Illustration de la page « Les signes ont plusieurs rôles ».

En 1822, Champollion expose une avancée décisive. Les hiéroglyphes ne sont pas seulement des images d’idées : ils peuvent aussi noter des sons. En combinant les indices, des noms deviennent lisibles. Une porte jusque-là fermée commence à s’ouvrir. Essaie d’imaginer une écriture où un dessin puisse tantôt se lire, tantôt guider la lecture d’un autre mot. C’est cette souplesse qui déroute.

Le système associe des fonctions phonétiques, des signes de mots et des indications de sens. Sa richesse explique la difficulté du problème.

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Enfin, voir l’Égypte

Illustration de la page « Enfin, voir l’Égypte ».

En 1828, Champollion rejoint l’Égypte avec une mission franco-toscane, menée avec Ippolito Rosellini. Sur les rives du Nil, il rencontre enfin les monuments grandeur nature. Il peut vérifier devant les pierres ce qu’il avait compris devant ses feuilles. Sur le Nil, les voiles se gonflent. À chaque escale, une façade jusque-là connue par un dessin se dresse au-dessus des voyageurs.

La mission remonte le fleuve, observe, dessine et copie. Le terrain confronte la méthode à des inscriptions nombreuses et variées.

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Un bureau qui remonte le Nil

Illustration de la page « Un bureau qui remonte le Nil ».

Il faut ranger les feuilles pour qu’elles ne s’envolent pas. Les dessinateurs, les savants et les marins voyagent sur le Nil à bord de deux bateaux. Sur une rive, on distingue déjà la prochaine escale. On descendra avec les planches, on comparera les inscriptions, puis on remettra tout à bord. Cette fois, c’est le bureau du savant qui voyage.

En 1828 et 1829, la mission franco-toscane travaille en Égypte et en Nubie. Une inscription prend un autre sens quand on la replace dans le temple qui la porte.

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Travailler sous la chaleur

Illustration de la page « Travailler sous la chaleur ».

Les monuments sont immenses, les journées éprouvantes et le travail minutieux. Il faut copier les inscriptions, comparer les noms et reconnaître les souverains. Ce voyage n’est pas une chasse au trésor : son trésor principal est une histoire redevenue lisible. La lumière rasante révèle un trait que le soleil de midi écrase. Le copiste doit choisir sa place et prendre son temps.

La fidélité du relevé compte autant que l’enthousiasme. Les collaborateurs donnent au savoir une forme transmissible.

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Les pierres retrouvent des noms

Illustration de la page « Les pierres retrouvent des noms ».

Champollion revient en France, mais sa santé est fragile. Il meurt en 1832, à quarante et un ans. Son travail continue de porter ses fruits : les inscriptions rendent leurs noms aux souverains et leur profondeur à une civilisation longtemps admirée sans être pleinement lue. Dans les années qui suivent, son frère prépare des publications à partir de ces feuilles. Les notes d’une vie deviennent les outils d’autres lecteurs.

Sa grammaire et ses travaux posthumes aident les générations suivantes. L’aventure devient une discipline : l’égyptologie.

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Peut-on lire un dessin ?

Illustration de la page « Peut-on lire un dessin ? ».

Un seul de nos dessins pourrait vouloir dire « soleil », noter une partie d’un son ou préciser qu’un mot concerne la lumière. Les hiéroglyphes possèdent plusieurs fonctions de ce genre. Certains signes notent des sons. D’autres désignent un mot ou donnent une indication sur son sens. Chercher un unique alphabet de petits dessins conduirait donc vite à une impasse.

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Un frère prend le relais

Naissance à Figeac.

Présentation de la Lettre à M. Dacier.

Expédition franco-toscane en Égypte et en Nubie.

Mort de Champollion.

Les bateaux rentrent, les papiers restent. Champollion meurt en 1832 avant d’avoir publié tout son travail. Son frère Jacques-Joseph rassemble les manuscrits et veille notamment à l’édition de la grammaire. Devant les feuillets, il faut rétablir un ordre, relire et préparer les planches. Cette dernière aventure se déroule à une table.

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L’enquête continue

L’exploit tient à deux voyages. Le premier conduit un lecteur des livres coptes aux noms gravés sur le papier. Le second remonte le Nil pour éprouver ses idées devant les pierres. Un troisième chemin s’ouvre après sa mort, lorsque ses travaux passent à des lecteurs qui ne l’ont jamais rencontré.

À TOI DE MENER L’ENQUÊTE

1. Sur quel fleuve Champollion voyage-t-il ?

2. Quelle langue lui donne des indices ?

3. Où se trouve la pierre de Rosette quand il travaille ?

4. Qui publie une partie de ses travaux après sa mort ?

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