Jean-François Champollion
Jean-François Champollion
Regarde un oiseau dessiné sur une feuille. Comment saurais-tu s’il représente un oiseau, un son ou un morceau de mot ? Champollion affronte ce casse-tête sur sa table de travail. Quand il pourra enfin naviguer sur le Nil, six ans plus tard, les parois des temples lui réserveront un plaisir rare. Il pourra y lire des noms.
1822 · 1828-1829 · Figeac · Grenoble · Paris · vallée du Nil
Une écriture devenue mystérieuse
Des oiseaux, des yeux, des lignes : les hiéroglyphes couvrent les monuments égyptiens. Pour Champollion, ils ne sont pas un simple décor. Derrière les signes se cachent des mots, des noms et une histoire que l’on peut retrouver. Il faut apprendre à repérer un signe qui revient, même lorsque le graveur en a un peu changé la forme.
Une langue donne de la voix aux dessins
Avant de déchiffrer les murs, le jeune Champollion étudie le copte. Cette langue descend de l’ancien égyptien. Elle a conservé des mots qu’il peut rapprocher de ceux qu’il cherche. Imagine que tu reconnaisses soudain, dans une inscription muette, un mot dont tu connais déjà le son. La comparaison ouvre une piste que d’autres noms devront confirmer.
Une pierre, plusieurs écritures
La pierre de Rosette présente un même décret en grec et dans deux écritures égyptiennes. Le grec peut être lu. Mais posséder une traduction ne suffit pas : il faut comprendre comment les signes égyptiens représentent la langue. Champollion travaille en France à partir de copies. La pierre elle-même est à Londres. Une bonne reproduction peut faire voyager une découverte. Les deux langues sont le grec et l’égyptien. Ce dernier apparaît sous deux formes d’écriture, les hiéroglyphes et le démotique.
Les signes ont plusieurs rôles
En 1822, Champollion expose une avancée décisive. Les hiéroglyphes ne sont pas seulement des images d’idées : ils peuvent aussi noter des sons. En combinant les indices, des noms deviennent lisibles. Une porte jusque-là fermée commence à s’ouvrir. Essaie d’imaginer une écriture où un dessin puisse tantôt se lire, tantôt guider la lecture d’un autre mot. C’est cette souplesse qui déroute.
Enfin, voir l’Égypte
En 1828, Champollion rejoint l’Égypte avec une mission franco-toscane, menée avec Ippolito Rosellini. Sur les rives du Nil, il rencontre enfin les monuments grandeur nature. Il peut vérifier devant les pierres ce qu’il avait compris devant ses feuilles. Sur le Nil, les voiles se gonflent. À chaque escale, une façade jusque-là connue par un dessin se dresse au-dessus des voyageurs.
Un bureau qui remonte le Nil
Il faut ranger les feuilles pour qu’elles ne s’envolent pas. Les dessinateurs, les savants et les marins voyagent sur le Nil à bord de deux bateaux. Sur une rive, on distingue déjà la prochaine escale. On descendra avec les planches, on comparera les inscriptions, puis on remettra tout à bord. Cette fois, c’est le bureau du savant qui voyage.
Travailler sous la chaleur
Les monuments sont immenses, les journées éprouvantes et le travail minutieux. Il faut copier les inscriptions, comparer les noms et reconnaître les souverains. Ce voyage n’est pas une chasse au trésor : son trésor principal est une histoire redevenue lisible. La lumière rasante révèle un trait que le soleil de midi écrase. Le copiste doit choisir sa place et prendre son temps.
Les pierres retrouvent des noms
Champollion revient en France, mais sa santé est fragile. Il meurt en 1832, à quarante et un ans. Son travail continue de porter ses fruits : les inscriptions rendent leurs noms aux souverains et leur profondeur à une civilisation longtemps admirée sans être pleinement lue. Dans les années qui suivent, son frère prépare des publications à partir de ces feuilles. Les notes d’une vie deviennent les outils d’autres lecteurs.
À toi de poursuivre le voyage
L’exploit tient à deux voyages. Le premier conduit un lecteur des livres coptes aux noms gravés sur le papier. Le second remonte le Nil pour éprouver ses idées devant les pierres. Un troisième chemin s’ouvre après sa mort, lorsque ses travaux passent à des lecteurs qui ne l’ont jamais rencontré.
Quelle langue lui donne des indices ?
Sources
- CHAMPOLLION, Jean-François - INHA - Institut national d'histoire de l'art — https://www.inha.fr/dictionnaire-critique-des-historiens-de-lart-actifs-en-france-de-la-revolution-a-la-premiere-guerre-mondiale/champollion-jean-francois-inha/
- A Royal Setting for Egyptian Antiquities - The Musée Charles X — https://www.louvre.fr/en/explore/the-palace/a-royal-setting-for-egyptian-antiquities