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Kukuczka, Wielicki et les himalayistes polonais

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Kukuczka, Wielicki et les himalayistes polonais

Illustration de la page « Kukuczka, Wielicki et les himalayistes polonais ».

Le 17 février 1980, deux Polonais sont au sommet de l’Everest. Ils s’appellent Krzysztof Wielicki et Leszek Cichy. Leur réussite a commencé bien plus bas que le camp de base, dans les clubs et les parois hivernales des Tatras. Et elle ne se terminera pas sur l’Everest. D’autres camarades attendent leur tour de partir.

Andrzej Zawada a défendu l’idée d’expéditions hivernales sur les très grands sommets. Jerzy Kukuczka a ensuite lié les premières d’hiver à la recherche de voies nouvelles. Suivre ces deux ambitions permet de comprendre pourquoi la Pologne tient une place particulière dans l’histoire de l’Himalaya.

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Tout commence dans les Tatras

Illustration de la page « Tout commence dans les Tatras ».

Bien avant les sommets himalayens, il y a les Tatras, les clubs et les compagnons de cordée. Des alpinistes polonais y construisent une solide école. Le froid, les parois et l’entraide préparent une génération qui veut prendre sa place parmi les meilleurs du monde. Un nouveau venu apprend des gestes très simples qui doivent fonctionner avec des moufles et sous le vent.

Sous le régime communiste, les voyages et les moyens disponibles sont contraints. Les expéditions demandent une organisation et une persévérance particulières.

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Choisir la saison la plus dure

Illustration de la page « Choisir la saison la plus dure ».

Les grandes premières ascensions ont souvent été réalisées avant que les Polonais puissent participer pleinement à l’aventure himalayenne. Andrzej Zawada défend une autre ambition : gravir les géants en hiver. Il faut accepter davantage de froid, de vent et d’incertitude. Les journées sont courtes. Une tente et une réserve doivent rester accessibles après la nuit ou après une tempête.

Ce choix devient une spécialité collective, soutenue par les clubs, les équipes de portage, les chefs d’expédition et l’expérience accumulée.

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L’Everest en plein hiver

Illustration de la page « L’Everest en plein hiver ».

Le 17 février 1980, Krzysztof Wielicki et Leszek Cichy atteignent le sommet de l’Everest. L’expédition est dirigée par Zawada. Pour la première fois, un sommet de plus de huit mille mètres est gravi en hiver. Le drapeau polonais marque un tournant historique. Le camp de base reçoit la nouvelle. Le sommet n’est que la pointe visible du travail de nombreux équipiers.

Les deux hommes utilisent de l’oxygène supplémentaire. Le préciser ne diminue pas l’exploit, accompli dans des conditions jusque-là redoutées.

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La première appartient à deux hommes

Illustration de la page « La première appartient à deux hommes ».

Un raccourci fréquent serait de placer Kukuczka à côté de Wielicki sur l’Everest hivernal. Ce jour de février 1980, le partenaire de Wielicki est Leszek Cichy. Celui qui dirige l’expédition est Andrzej Zawada. Kukuczka écrira ses propres pages ailleurs. Garder les noms justes, c’est garder l’histoire des cordées.

L’Everest avait déjà été gravi en 1953. En 1980, la nouveauté décisive est d’atteindre pour la première fois en hiver un sommet de plus de huit mille mètres.

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Kukuczka cherche aussi de nouvelles voies

Illustration de la page « Kukuczka cherche aussi de nouvelles voies ».

Jerzy Kukuczka ne cherche pas seulement à collectionner les sommets. Il ouvre des voies, grimpe en hiver et travaille avec des compagnons comme Wojciech Kurtyka ou Artur Hajzer. En 1987, il devient le deuxième homme à avoir gravi les quatorze sommets de plus de huit mille mètres. Le choix d’une voie, d’une saison et d’un compagnon rend deux ascensions d’un même sommet profondément différentes.

Il accomplit cette série entre 1979 et 1987, après Reinhold Messner. La manière de gravir compte autant que l’ordre d’arrivée.

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Une tradition faite de compagnons

Illustration de la page « Une tradition faite de compagnons ».

En 1986, Kukuczka et Wielicki réalisent ensemble la première hivernale du Kangchenjunga. En 1988, Wielicki atteint seul le sommet du Lhotse en hiver. Mais cette histoire comprend aussi Czok, Berbeka, Rutkiewicz, Hajzer et bien d’autres noms : une tradition dépasse ses figures les plus célèbres. Dans une tempête, le travail de celui qui consolide un camp peut décider du retour de ceux qui sont plus haut.

Les sept premiers sommets de plus de huit mille mètres gravis en hiver le sont par des équipes ou des alpinistes polonais.

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Cette fois, Kukuczka et Wielicki font cordée

Illustration de la page « Cette fois, Kukuczka et Wielicki font cordée ».

En janvier 1986, c’est bien ensemble que Jerzy Kukuczka et Krzysztof Wielicki parviennent au sommet du Kangchenjunga lors de sa première hivernale. Six années séparent cet exploit de l’Everest. Entre les deux, les expéditions polonaises ont poussé plus loin l’apprentissage du froid et payé de lourdes pertes. Une réussite ne garantit jamais la suivante.

En 1987, Kukuczka et Artur Hajzer signent aussi la première hivernale de l’Annapurna. D’un massif à l’autre, les partenaires et les difficultés changent.

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Ce que la montagne ne rend pas

Illustration de la page « Ce que la montagne ne rend pas ».

Kukuczka meurt en 1989 sur la face sud du Lhotse. Les succès polonais ont leur part de deuil. Leur héritage ne se limite pas à résister au froid : il transmet l’exigence, la débrouillardise, la fidélité aux compagnons et la responsabilité du retour. La mémoire des disparus fait aussi partie de l’histoire des clubs et de ce que les anciens transmettent aux suivants.

La fierté de porter les couleurs de son pays peut soutenir l’effort. Elle ne rend jamais une vie remplaçable.

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Pourquoi choisir l’hiver ?

Illustration de la page « Pourquoi choisir l’hiver ? ».

L’altitude d’une montagne ne change pas en février. Le vent, le froid, la durée du jour et les occasions de monter changent considérablement. Zawada choisit une question que le palmarès des premières ascensions n’a pas encore résolue. De quoi une équipe est-elle capable dans cette autre saison ? Les Tatras offrent un premier terrain pour apprendre à répondre.

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La tradition derrière les noms

Wielicki et Cichy, première hivernale de l’Everest.

Kukuczka et Wielicki, première hivernale du Kangchenjunga.

Kukuczka complète les quatorze « huit mille ».

Mort de Kukuczka sur le Lhotse.

Wielicki et Kukuczka ont des parcours distincts. Le premier associe son nom à plusieurs hivernales et atteindra les quatorze « huit mille ». Le second termine sa propre série en 1987, deuxième homme après Reinhold Messner, avec de nombreuses ascensions remarquables par leur voie ou leur saison. Autour d’eux travaillent Zawada, Cichy, Hajzer, Kurtyka, Rutkiewicz et bien d’autres.

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L’enquête continue

Si tu veux raconter l’himalayisme polonais, commence dans un club des Tatras. Suis ensuite la corde jusqu’à Cichy et Wielicki sur l’Everest, puis jusqu’à Kukuczka et Wielicki sur le Kangchenjunga. Les noms changent, les liens demeurent. C’est ainsi qu’un pays a fait de l’hiver un chapitre de l’histoire mondiale de l’alpinisme.

À TOI DE MENER L’ENQUÊTE

1. Dans quelles montagnes ces clubs s’entraînent-ils ?

2. Qui accompagne Wielicki sur l’Everest en 1980 ?

3. Qui dirige cette expédition ?

4. Sur quel sommet Kukuczka et Wielicki réussissent-ils ensemble une première hivernale ?

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