Alexander von Humboldt
Alexander von Humboldt
Que mettrais-tu dans ton sac pour gravir un volcan ? Humboldt y glisse des instruments. Il veut savoir ce qui change avec l’altitude. Son ami Bonpland regarde les plantes. Au Chimborazo, un obstacle les arrêtera avant le sommet. Leurs sacs contiendront pourtant de quoi raconter bien plus qu’une ascension.
Emporter des instruments
En 1799, Alexander von Humboldt et le botaniste français Aimé Bonpland partent vers l’Amérique espagnole. Leurs bagages contiennent des instruments. Ils veulent mesurer, comparer et comprendre : un beau paysage leur pose immédiatement des questions. Un instrument brisé n’est pas qu’un bagage de moins. Toute une série de mesures devient impossible.
Deux grands fleuves se rejoignent
Dans les régions de l’Orénoque, Humboldt et Bonpland voyagent sur des cours d’eau difficiles. Ils étudient notamment la liaison du Casiquiare avec le Rio Negro. Le dessin des fleuves devient une question à vérifier sur le terrain, avec l’aide de navigateurs locaux. L’eau peut donc passer naturellement d’un grand bassin fluvial à un autre. Les pirogues en apportent la preuve.
Deux bassins pour une seule rivière
Sur l’Orénoque, une partie de l’eau prend le chemin du Casiquiare. Elle rejoint ensuite le Rio Negro et le bassin de l’Amazone. Dans une pirogue, cette connexion devient un voyage que l’on peut suivre de ses yeux. Pour les habitants, la voie existe déjà. Pour les savants européens, il faut encore en relever le cours.
Monter pour comparer
Dans les Andes, les voyageurs voient la végétation se transformer avec l’altitude. La chaleur, l’humidité et les plantes ne varient pas au hasard. Humboldt cherche les relations entre ces éléments. La nature commence à lui apparaître comme un ensemble de liens. À chaque halte, il faut associer ce que l’on recueille à l’endroit et aux conditions de la récolte.
Le Chimborazo ne se laisse pas gagner
En 1802, Humboldt, Bonpland et leurs compagnons tentent l’ascension du Chimborazo. L’air manque, le terrain devient difficile et une crevasse leur barre la progression. Ils ne gagnent pas le sommet. Pourtant, les observations du jour auront une portée considérable. Carlos Montúfar participe à cette tentative. Les hommes renoncent quand le relief leur ferme la progression.
Une montagne sur une feuille
De retour en Europe, Humboldt fait représenter une montagne de profil. Le long de ses pentes, le lecteur découvre les plantes associées à différentes hauteurs. Sur les côtés, des indications permettent des comparaisons. En une seule vue, on peut passer de la forêt tropicale aux neiges. Les carnets de plusieurs voyages tiennent ensemble sur le papier.
Relier ce que l’on a vu
Le voyage se poursuit notamment au Mexique, puis s’achève en 1804. Commence alors un travail immense de publication. Mesures, dessins et échantillons doivent devenir compréhensibles pour d’autres. La montagne est transformée en une image organisée des relations naturelles. Rentrer est une nouvelle difficulté. Quelqu’un qui n’a jamais mis le pied dans les Andes doit comprendre les observations.
Le monde forme un ensemble
Humboldt continue toute sa vie à rapprocher les connaissances. Il observe aussi les effets des activités humaines sur les milieux et critique l’esclavage. Son héritage est une curiosité exigeante : regarder un détail, puis se demander à quel ensemble il appartient. L’explication qu’il cherche passe parfois par un rapprochement entre deux faits récoltés dans des pays très éloignés.
À toi de poursuivre le voyage
Sur une pente, Bonpland ramasse une plante et Humboldt relève une mesure. Pris séparément, ces gestes semblent modestes. Rassemblés avec ceux de centaines de haltes, ils font apparaître des étages de végétation et donnent au lecteur une autre manière de regarder les montagnes.