James Cook
James Cook
La coque de l’Endeavour laisse entrer l’eau. Certains hommes pompent, d’autres allègent le navire. Un jeune marin connaît une astuce déjà essayée sur un autre bateau. Elle exige une voile et des poignées de fibres. Si elle fonctionne, James Cook pourra poursuivre l’une des plus grandes entreprises de cartographie du Pacifique.
L’art de regarder précisément
James Cook devient un marin réputé pour ses relevés précis. Il mesure les côtes et observe les passages. Cette qualité compte plus qu’un beau discours : les cartes doivent permettre à d’autres équipages de naviguer après lui avec davantage de sécurité. Un chiffre de profondeur placé au bon endroit sur une carte peut épargner un naufrage, même des années après la mesure.
Un rendez-vous avec Vénus
En 1768, l’Endeavour part pour Tahiti. Une mission scientifique attend les voyageurs : observer le passage de Vénus devant le Soleil en 1769. Mais Cook porte aussi des instructions pour poursuivre l’exploration du Pacifique après ce rendez-vous céleste. Le jour du passage est connu d’avance. Une semaine de retard ou un nuage mal placé pourrait faire manquer le rendez-vous.
Du chou à la table des officiers
De la choucroute en mer ? Des matelots en veulent à peine. Cook raconte qu’il en fait servir à la table des officiers. Bientôt, ce plat auquel les chefs semblent tenir intrigue l’équipage. Les hommes se mettent à en demander. À bord, obtenir qu’un aliment soit réellement mangé est une difficulté bien différente de celle qui consiste à en charger des barils.
Des savoirs se rencontrent
Tupaia embarque avec l’expédition. Ce Polynésien possède des connaissances géographiques et linguistiques précieuses. Le Pacifique de Cook devient plus compréhensible grâce à un homme pour qui cet océan n’est pas un immense vide inconnu. D’une île à l’autre, un nom, un vent ou une suite d’étoiles donnent un indice au navigateur qui sait s’en servir.
Le navire accroché au récif
En 1770, au large de la côte orientale de l’Australie, l’Endeavour heurte un récif. L’équipage jette du poids à la mer et lutte pour sauver le bâtiment. Après l’avoir dégagé, il faut réparer : la carte se construit aussi au prix de frayeurs très concrètes. Le récif est derrière eux mais une fuite continue de remplir la cale. Il faut gagner du temps pour rejoindre un abri.
Une voile sous le bateau
Un membre de l’équipage propose de fixer de l’étoupe et de la laine sur une voile. On glisse la toile sous la coque à l’aide de cordages. L’eau qui s’engouffre dans la brèche y entraîne les fibres. La fuite ralentit. On peut gagner une rivière abritée pour réparer convenablement le bateau.
Toujours plus au sud, puis au nord
Lors d’un deuxième voyage, Cook navigue très au sud et franchit le cercle polaire antarctique. Lors du troisième, il cherche un passage au nord du continent américain. Chaque expédition corrige l’idée que l’Europe se fait des terres et des océans. À chaque nouveau voyage, c’est une autre question que l’on pose au navire. Le climat et les réserves fixent les limites de la réponse.
Une fin à Hawaï
En 1779, à Hawaï, un conflit autour d’un vol d’embarcation s’aggrave. Cook tente de prendre un chef en otage et meurt dans l’affrontement. Ses voyages laissent un immense héritage cartographique, mais aussi la mémoire de rencontres devenues violentes. Les derniers événements ont aussi leur histoire hawaïenne. Les habitants défendent leur souverain lorsque Cook tente de l’emmener.
À toi de poursuivre le voyage
Une ombre sur le Soleil, un poids au bout d’une corde, une voile tirée sous la coque. Cook et ses compagnons obtiennent de grands résultats avec de petites observations faites au bon moment. Les meilleures cartes du monde exigent encore que quelqu’un écoute, regarde et prenne une décision sur le pont.