Magellan et Elcano
Magellan et Elcano
Cinq navires quittent l’Espagne. Trois ans plus tard, un seul revient. Entre les deux, des hommes ont trouvé un passage, traversé un océan immense et perdu leur chef. Comment une expédition si éprouvée peut-elle encore rentrer ? Pour raconter ce premier tour du monde, il faut suivre Magellan, puis Elcano et les survivants.
1519-1522 · Espagne · détroit de Magellan · Pacifique · Philippines · Espagne
Cinq navires cherchent un passage
En 1519, Fernand de Magellan conduit une expédition au service de l’Espagne. Son objectif est de rejoindre les Moluques par l’ouest. Cinq navires partent ; personne ne sait encore combien reviendront ni quelle sera la longueur du voyage. Les voiles portent un espoir très concret : remplir les cales d’épices. Avant cela, il faudra trouver une porte dans la côte américaine. Ils ont descendu le Guadalquivir depuis Séville. C’est de Sanlúcar de Barrameda qu’ils prennent le large le 20 septembre 1519.
Un passage au bout de l’Amérique
Après des tensions et une mutinerie, l’expédition trouve en 1520 un passage au sud de l’Amérique. Le détroit qui portera le nom de Magellan conduit vers un immense océan. Franchir la porte n’a pourtant rien dit de ce qui attend derrière. Les marins doivent distinguer une baie fermée d’un passage qui continue. Un beau début de route peut se terminer contre une rive.
L’océan beaucoup trop grand
La traversée du Pacifique dure bien plus que prévu. Les vivres se dégradent, le scorbut frappe et les équipages souffrent. Le nom de cet océan paraît presque moqueur : une mer peut être calme et pourtant mettre les hommes à bout. La patience a désormais le goût des vivres abîmés. Continuer n’est plus seulement chercher un objectif ; c’est chercher une terre avant l’épuisement.
Magellan ne reviendra pas
En 1521, aux Philippines, Magellan intervient dans les conflits locaux. Il est tué à Mactan. L’expédition perd son chef avant d’avoir achevé son voyage. Il faut désormais décider qui commande, où aller et comment sauver ceux qui restent. Le prestige du chef ne protège pas de tout. Sur ces rivages, les décisions d’un souverain local peuvent bouleverser l’avenir de la flotte.
Les épices enfin dans la cale
Après la mort de Magellan, les survivants atteignent les Moluques. À Tidore, ils chargent des clous de girofle. Le but du départ est enfin devant eux, dans des sacs odorants. Mais la Trinidad a besoin de réparations. La Victoria, commandée par Elcano, repart vers l’ouest. Les deux navires ne suivront plus la même route.
Elcano choisit le retour
Juan Sebastián Elcano commande la Victoria pour le retour. Chargé d’épices, le navire traverse l’océan Indien puis contourne l’Afrique. Les hommes évitent autant que possible les escales portugaises, risquant la faim pour ne pas être arrêtés. Le capitaine doit faire travailler ensemble des hommes épuisés. Il choisit une route dont chaque escale peut offrir du secours ou provoquer la capture.
Où est passé le jeudi ?
Au Cap-Vert, en 1522, les hommes demandent quel jour on est. On leur répond : jeudi. À bord, leur compte donne mercredi ! Pigafetta a pourtant noté les jours avec soin. En faisant le tour de la Terre vers l’ouest, ils ont accumulé un décalage d’une journée par rapport aux habitants restés sur place. Le monde leur réserve une dernière surprise.
Un seul navire boucle le monde
En septembre 1522, la Victoria atteint l’Espagne avec dix-huit survivants européens à bord. D’autres membres de l’expédition reviendront plus tard. Pour la première fois, un équipage a accompli une navigation complète autour de la Terre. Le navire rapporte des épices et une expérience sans précédent. Derrière l’événement géographique se trouvent des vies entières changées par trois années de mer.
À toi de poursuivre le voyage
Le cercle se ferme, mais il a coûté terriblement cher. Le premier tour du monde est une aventure de navigation, de commerce, de conflits et de survie. Deux noms en gardent les grandes étapes. Autour d’eux, les équipages rappellent qu’aucun capitaine ne traverse un océan par sa seule volonté.
Quel immense océan suit le détroit ?
Sources
- Negotiating Empire, Part I: From Magellan to the Founding of Manila, 16th-18th Centuries | 4 Corners of the World — https://blogs.loc.gov/international-collections/2021/10/negotiating-empire-part-i-from-magellan-to-the-founding-of-manila-16th-18th-centuries/
- PARES | Archivos Españoles — https://pares.cultura.gob.es/ParesBusquedas20/catalogo/description/7344884/imprimir