Lewis et Clark
Lewis et Clark
Une cascade barre le Missouri. Puis il y en a d’autres. Comment emporter des canoës pesants, des caisses et des provisions par-dessus la prairie ? Les hommes taillent des roues dans du bois. L’un des épisodes les plus épuisants du voyage se fera à pied, juste à côté du fleuve.
En 1804, l’expédition part vers l’ouest sur ordre de Thomas Jefferson. Les États-Unis espèrent une liaison commode entre des voies navigables. Les journaux vont raconter combien une idée simple vue de Washington se complique au pied des montagnes.
Une mission vers l’ouest
En 1804, Meriwether Lewis et William Clark entreprennent une expédition voulue par le président Jefferson. Après l’achat de la Louisiane, les États-Unis veulent mieux connaître l’Ouest et les routes possibles vers le Pacifique. Les cartes ne suffisent pas encore à organiser ce passage. Pour remonter vers l’ouest, il faudra tantôt pagayer, tantôt pousser les embarcations à la perche ou les tirer depuis la berge.
Le voyage doit recueillir des informations géographiques, naturelles et politiques, et établir des relations avec les peuples rencontrés.
Remonter le Missouri
Remonter le Missouri demande une force quotidienne. Les hommes poussent, tirent et manœuvrent leurs embarcations. Ils tiennent aussi des journaux et observent les animaux. L’expédition progresse à la vitesse du travail, bien loin d’un trait tracé rapidement sur une carte. Un bruit lointain peut être la première annonce d’un obstacle qui va coûter des semaines.
Les rencontres avec les nations riveraines sont essentielles pour les vivres, les informations et les autorisations de passage.
Des roues pour les canoës
Aux grandes chutes du Missouri en 1805, les hommes doivent contourner une succession de cascades. Ils préparent des chariots de fortune et parcourent environ vingt-neuf kilomètres sur la terre. Les roues souffrent, les hommes aussi. Le poids d’un objet embarqué des mois plus tôt se rappelle soudain au bon souvenir de celui qui le tire.
Une voie d’eau peut être continue pour une goutte d’eau et interrompue pour un bateau. Le portage transforme la logistique de toute l’expédition.
Sacagawea rejoint le voyage
Sacagawea rejoint l’expédition avec son mari, l’interprète Toussaint Charbonneau, et leur jeune enfant. Elle facilite des échanges essentiels. Auprès des Shoshones, la rencontre avec des membres de son peuple aide notamment l’équipe à obtenir les chevaux nécessaires. Les échanges passent parfois par plusieurs langues avant que les deux chefs se comprennent.
Elle n’est pas le guide unique de tout le parcours. Son rôle est plus précis, et suffisamment important sans le transformer en légende.
Un visage connu chez les Shoshones
Pour franchir les montagnes, il faut obtenir des chevaux. Lors des échanges avec les Shoshones, Sacagawea reconnaît son frère Cameahwait. La rencontre bouleverse un moment de négociation. Les voyageurs peuvent s’appuyer sur une interprète qui connaît la langue et dont l’histoire personnelle rejoint précisément ce lieu.
Une interprète transmet davantage que des mots. Les liens familiaux et la confiance influencent aussi les conditions de l’entretien.
La montagne ferme la route d’eau
Les Rocheuses imposent une rude évidence : il n’existe pas de passage fluvial simple jusqu’au Pacifique. L’équipe franchit des cols, souffre du manque de nourriture et s’appuie sur des aides locales. Le continent résiste aux attentes dessinées depuis l’Est. Contrairement au rêve d’un passage facile, une ligne de partage des eaux n’est pas toujours un simple col bas.
Les connaissances des Shoshones et des Nez-Percés contribuent à rendre possible la continuation du voyage.
Enfin, l’océan
En 1805, l’expédition rejoint l’estuaire de la Columbia puis la côte pacifique. Elle installe ses quartiers d’hiver à Fort Clatsop. La pluie, le froid et l’approvisionnement occupent les journées. Atteindre la mer n’a pas supprimé les contraintes ordinaires. Les vêtements sèchent mal. Près du Pacifique, les travaux d’hiver prennent plus de place dans le journal que les célébrations.
Le retour doit être préparé. Les observations accumulées ne seront utiles que si les hommes et leurs documents reviennent.
Revenir avec une autre carte
En 1806, Lewis et Clark reviennent vers Saint-Louis. Leurs cartes et leurs journaux enrichissent considérablement la connaissance américaine de l’Ouest. Leur mission est accomplie. Pour les peuples rencontrés, elle annonce aussi une expansion qui bouleversera leurs territoires. Le trajet reconnu peut désormais être expliqué à des gens qui n’ont vu ni la prairie ni les montagnes.
L’aventure scientifique et la construction d’un État continental sont étroitement liées.
Au-delà de la crête
Le rêve était de remonter un fleuve, de transporter un peu de matériel, puis d’embarquer sur un autre cours d’eau descendant tranquillement vers le Pacifique. Les Rocheuses proposent une toute autre épreuve. Des sommets se succèdent et les chevaux deviennent indispensables. L’une des découvertes du voyage est la difficulté même de cette liaison.
Les autres membres du groupe
Départ vers l’ouest.
Portage des grandes chutes du Missouri.
Arrivée près du Pacifique.
Retour à Saint-Louis.
La troupe comprend des soldats, des interprètes et York, un homme réduit en esclavage par Clark. Elle reçoit des vivres et des guides en chemin. Les carnets portent surtout les noms des capitaines, alors que les capacités et les libertés des voyageurs sont très différentes.
L’enquête continue
Pour raconter la traversée, suis la charge d’un voyageur. Elle passe d’une cale à un chariot, d’un cheval à une nouvelle pirogue. À chaque changement, il faut un savoir différent et parfois un accord qu’aucun capitaine ne peut obtenir seul.
À TOI DE MENER L’ENQUÊTE
1. Pourquoi les bateaux vont-ils sur la terre ?
2. Quel océan les voyageurs atteignent-ils ?
3. Qui reconnaît son frère chez les Shoshones ?
4. Pourquoi faut-il des chevaux ?