Frères Lumière
Quand la porte de l’usine s’ouvre
Lyon et Paris · Auguste 1862–1954 · Louis 1864–1948
Les frères Lumière
Une grande porte s’ouvre à Lyon. Les ouvrières et
les ouvriers rentrent chez eux. À Paris, quelques
mois plus tard, on les verra ressortir.
Des plaques pour les photographes
À Lyon, la famille Lumière fabrique des plaques photographiques. Les deux frères connaissent la chimie des images et le travail en série. Leur père Antoine s’intéresse aux appareils qui donnent à voir le mouvement.
Les images d’Edison et de Dickson existent déjà sur pellicule. Le Kinétoscope les montre à un spectateur qui regarde dans un appareil. Le projet lyonnais va notamment permettre de réunir des spectateurs devant un écran.
La bande doit s’arrêter
Dans leur appareil, la pellicule avance par petits sauts. Une griffe entre dans ses trous, tire la bande d’une image, puis se retire. Pendant chaque arrêt, la lumière peut former une image nette.
Le mouvement intermittent doit rester synchronisé avec un obturateur. Celui-ci masque la lumière pendant le déplacement de la bande. Le mécanisme limite ainsi le flou de défilement.
Une manivelle devant le portail
À Lyon, Louis installe le cinématographe devant les portes de l’usine familiale du quartier Monplaisir. Les ouvrières et les ouvriers sortent. Une scène ordinaire devient l’un des premiers films Lumière.
Une présentation de La Sortie de l’usine Lumière à Lyon a lieu à Paris le 22 mars 1895 devant un public invité. Plusieurs versions de la sortie d’usine ont été tournées. Des détails permettent de les distinguer.
Les mêmes pas sur un mur
Une copie du film passe dans le projecteur. Les photographies se succèdent vite sur l’écran. Les spectateurs voient les personnages marcher. Ils sont plusieurs dans la salle à découvrir la même scène au même instant.
Le cinématographe peut assurer la prise de vues, le tirage de copies et la projection, avec les réglages et l’éclairage nécessaires. Un appareil relativement léger facilite le déplacement des opérateurs.
Une soirée au Grand Café
Le 28 décembre 1895, au Salon indien du Grand Café, boulevard des Capucines, une séance payante réunit des spectateurs. Le programme enchaîne de courtes vues. Un jardinier et son tuyau d’arrosage y font même une place au comique.
Le programme compte dix films. Il comprend la sortie d’usine, le repas du bébé et une scène d’arrosage. L’Arrivée d’un train en gare de La Ciotat ne figure pas dans ce programme inaugural.
Une boîte pour voyager
Les Lumière envoient des opérateurs dans de nombreux pays. Ils filment des rues, des foules et des bateaux. À leur retour, quelques dizaines de secondes de pellicule peuvent faire voyager toute une salle.
Le catalogue Lumière s’enrichit grâce à ces opérateurs. Leurs vues gardent des gestes et des décors que la photographie fixe ou le récit écrit ne présentent pas de la même façon.
Un pas de pellicule
Le film doit avancer vite tout en s’arrêtant devant chaque image.
La griffe prend la bande par ses perforations et la fait avancer d’un cran.
La bande s’immobilise. L’obturateur laisse entrer la lumière pendant l’exposition.
L’obturateur se ferme avant le déplacement suivant. Les images pourront ensuite être projetées.
Une porte reconnaissable
Plusieurs films montrent la sortie de la même usine. Une bicyclette, un chapeau, un attelage ou la manière dont la porte se referme peuvent changer d’une version à l’autre.
Comparer les versions montre qu’une même idée de film peut donner plusieurs négatifs. Le titre seul ne suffit pas toujours à identifier la copie regardée.
Le train et la légende
Le film du train entrant en gare de La Ciotat est devenu célèbre. On raconte parfois que le premier public parisien aurait fui la salle de peur.
Ce train ne figure pas au programme du 28 décembre 1895. Le récit d’une panique générale est une légende souvent répétée, dont les preuves contemporaines manquent.
Les métiers derrière l’écran
Auguste et Louis déposent ensemble leur brevet en février 1895. Louis joue un rôle majeur dans la conception mécanique et les premières prises de vues.
Le mécanicien Jules Carpentier participe à la fabrication industrielle des appareils. Les opérateurs, les tireurs de copies et les exploitants contribueront au succès des vues.
Les repères du récit
- 1862 et 1864 — Naissances d’Auguste puis de Louis à Besançon.
Février 1895
Dépôt du brevet français du cinématographe.
Mars 1895
Présentation de la Sortie d’usine à Paris devant un public invité.
Décembre 1895
Séance publique payante du Grand Café à Paris.
Dès 1896
Des opérateurs Lumière voyagent et filment dans de nombreux pays.
Sources
Repères et illustrations.
Les dates et faits du récit s’appuient sur des repères historiques établis (ateliers, publications, institutions liées aux inventeurs).