Frères Wright
Douze secondes au-dessus du sable
Dayton et Kill Devil Hills, États-Unis · Wilbur 1867–1912 · Orville 1871–1948
Les frères Wright
- Orville est couché sur l’aile du bas. Wilbur court à — côté. Au bout du rail, le sable continue tout droit. La
machine, elle, quitte le sol.
Le vélo apprend l’équilibre
Dans leur atelier de Dayton, en Ohio, les frères Wright vendent et réparent des bicyclettes. En lisant les récits de vols en planeur, ils s’attachent à une difficulté redoutable. Une fois en l’air, comment rester maître de la machine ?
Les essais d’Otto Lilienthal et d’autres pionniers précèdent les leurs. Les Wright accordent une importance particulière au contrôle en vol. Ajouter un moteur à une machine incontrôlable ne ferait qu’aggraver le danger.
Du vent dans une boîte
En 1901, leur planeur porte moins bien qu’espéré. De retour à Dayton, les frères construisent une soufflerie. Ils exposent de petits modèles au même courant d’air et comparent les forces qu’ils subissent.
Une balance sensible permet de classer l’effet des profils et des proportions d’ailes. La soufflerie fournit des mesures utiles là où les valeurs utilisées jusque-là avaient mal prédit leur expérience.
Apprendre à tourner
En Caroline du Nord, les frères trouvent du vent, de l’espace et du sable. Sur leur planeur de 1902, ils coordonnent le gauchissement des ailes et le gouvernail arrière. Les virages deviennent mieux contrôlables.
Le gauchissement change la portance d’une aile par rapport à l’autre et produit du roulis. Il modifie aussi la traînée et peut faire dévier le nez dans un sens indésirable. La gouverne de direction aide à corriger cet effet.
Des hélices dans le vent
Il faut un moteur assez léger. Charlie Taylor, le mécanicien des Wright, participe à sa construction. Les frères conçoivent aussi leurs hélices, des pales de bois qu’ils envisagent comme des ailes en rotation.
Le Flyer reçoit un moteur à essence à quatre cylindres. Des chaînes transmettent le mouvement aux deux hélices propulsives. Le pilote prend place à côté du moteur, sur l’aile inférieure.
Les douze secondes d’Orville
À Kill Devil Hills, le 17 décembre 1903, Orville s’allonge sur le Flyer. Un chariot roule sur un rail de lancement. Le moteur entraîne les hélices. Le premier vol dure douze secondes et couvre environ 37 mètres au sol.
Le vent de face aide à atteindre la vitesse nécessaire par rapport à l’air. Le rail guide le chariot sur le sable. Ce jour-là, le Flyer décolle par la poussée de son propre moteur, sans catapulte.
Trois vols de plus
En se relayant, les frères réalisent quatre vols ce matin-là. Le dernier, piloté par Wilbur, dure 59 secondes et couvre environ 260 mètres. Une rafale endommage ensuite le Flyer au sol. La journée se termine, les essais continueront avec d’autres appareils.
Les frères télégraphient les résultats à leur père. En 1905, à Dayton, leur troisième Flyer démontre leur capacité à tenir l’air plus longtemps et à exécuter des virages répétés.
Trois façons de bouger
Pour piloter, il faut agir sur plusieurs mouvements de l’avion.
Lever ou baisser le nez change l’inclinaison vers l’avant ou l’arrière. C’est le tangage.
Incliner l’aile droite ou l’aile gauche fait basculer la machine sur le côté. C’est le roulis.
Faire pivoter le nez vers la droite ou la gauche agit en lacet. Les commandes doivent se coordonner dans le virage.
La photo du décollage
Une photographie montre Orville à bord et Wilbur à côté de la machine. On y distingue aussi le rail posé sur le sable. Le cliché a été pris par John Daniels.
L’appareil photographique avait été placé à l’avance. L’image témoigne d’un instant du décollage. La durée et la distance viennent d’autres relevés.
Quel premier vol ?
Des ballons avaient déjà emporté des êtres humains. Des planeurs avaient volé avant le Flyer. La portée du vol des Wright tient à une combinaison précise.
Leur appareil est plus lourd que l’air, motorisé, piloté et contrôlé en vol. Le décollage de 1903 ne réclame ni pente descendante ni catapulte.
Le mécanicien de Dayton
Charlie Taylor aide les frères à disposer du moteur que leur imposent le poids et la puissance recherchés. Son atelier partage l’aventure du vol.
La contribution de Taylor n’efface pas celles des frères au pilotage, à l’aérodynamique et à la conception des hélices. Elle restitue l’équipe nécessaire au Flyer.
Les repères du récit
Première campagne de planeur des Wright en Caroline du Nord.
Essais en soufflerie à Dayton.
Le nouveau planeur améliore le contrôle en virage.
17 décembre 1903
Quatre vols motorisés près de Kitty Hawk, à Kill Devil Hills.
Le Flyer III réalise des vols prolongés en circuit.
Sources
Repères et illustrations.
Les dates et faits du récit s’appuient sur des repères historiques établis (ateliers, publications, institutions liées aux inventeurs).