Vietnam
Fleuve, savoirs et volonté
Un tambour ouvre le voyage
Des oiseaux, des bateaux et des personnages tournent autour d’un soleil : ces motifs décorent de très anciens tambours en bronze. Ils appartiennent à la culture Đông Sơn, dans le nord du Vietnam actuel.
Les artisans maîtrisent un travail difficile du métal. Les habitants cultivent notamment le riz et circulent sur l’eau. Leur pays n’a pas encore les frontières que nous connaissons. Un objet permet ainsi de commencer l’histoire bien avant les villes modernes, et même avant beaucoup de textes conservés.
Le fleuve devient un allié
Pendant de longs siècles, des dynasties chinoises gouvernent le nord du Vietnam actuel. Des révoltes éclatent, notamment celle des sœurs Trưng. Puis, en 938, Ngô Quyền remporte une victoire décisive sur le fleuve Bạch Đằng.
Ses hommes utilisent des pieux et le mouvement de la marée pour piéger la flotte ennemie. L’année suivante, il devient roi.
L’indépendance doit ensuite être organisée et défendue : un royaume a besoin de règles, de récoltes, de villages et de personnes capables de le faire vivre.
La capitale du dragon qui s’élève
Le nom évoque un dragon qui s’élève : c’est une image associée à la fondation de la ville.
Près du fleuve Rouge, les palais, les temples et les quartiers d’artisans se développent. Les habitants doivent aussi entretenir les digues qui protègent les cultures. Bâtir un pays, ce n’est pas seulement gagner des batailles : c’est préparer des lieux où les générations suivantes pourront vivre et travailler.
Les tortues gardent des noms
Pour servir l’État, certains hommes étudient de longues années et passent des concours difficiles. Les textes de Confucius occupent une grande place dans leur formation. Les meilleurs deviennent des lettrés qui peuvent aider à administrer le pays.
À Thăng Long, des stèles portent le nom de lauréats. Elles reposent sur des tortues de pierre, symboles de longévité. Les premières sont élevées en 1484. Ces monuments montrent la valeur accordée au savoir, même si, autrefois, tous les enfants n’avaient pas les mêmes possibilités d’étudier.
Les tours racontent une autre histoire
Sur la côte du centre, les Cham ont leurs propres royaumes, leur langue et leurs traditions. À Mỹ Sơn, ils construisent des tours-sanctuaires de brique. Leurs croyances et leurs arts échangent avec l’Inde et les pays voisins.
Les royaumes du nord et les pouvoirs cham commercent, négocient et se combattent. Au fil des siècles, le territoire vietnamien s’étend vers le sud. Les Cham ne disparaissent pas pour autant : leurs descendants transmettent encore une culture qui fait partie de l’histoire du pays.
Un port ouvert sur le monde
Dans le port de Hội An, on charge et on décharge des céramiques, des tissus et d’autres marchandises. Des commerçants vietnamiens, chinois, japonais et venus de plus loin s’y rencontrent. Les maisons se serrent près de la rivière pour faciliter les échanges.
Le commerce apporte de la richesse et des idées. Pendant ce temps, de grandes familles rivales gouvernent différentes régions du pays.
Une ville peut donc s’ouvrir au monde alors que le pouvoir politique reste divisé. Les bateaux relient ce que les frontières séparent.
Hué, une capitale pour réunir le pays
Il gouverne un territoire réunifié et choisit Hué comme capitale. Les empereurs Nguyễn y font bâtir des palais, des portes et des tombeaux.
Au XIXe siècle, la France conquiert progressivement le pays et impose sa domination coloniale. Vietnam perd sa souveraineté, c’est-à-dire la liberté de se gouverner lui-même. La présence de bâtiments français ne doit pas faire oublier les habitants, leur travail et ceux qui cherchent à retrouver l’indépendance.
Des familles séparées par les guerres
En 1945, Hồ Chí Minh proclame l’indépendance. Mais la France revient et une guerre éclate. En 1954, après la défaite française de Điện Biên Phủ, le pays est partagé provisoirement entre le Nord et le Sud.
La séparation dure et une autre guerre s’aggrave, avec une forte intervention américaine. Beaucoup de familles doivent partir. La victoire des forces du Nord en 1975 conduit à un État réunifié en 1976. La paix ne répare pas aussitôt les maisons détruites, les séparations et les peines.
Reconstruire, puis changer de méthode
Après la guerre, la vie reste difficile. Des personnes fuient aussi la répression et la pauvreté, parfois sur de petits bateaux : on les appelle les boat people. D’autres familles essaient de reconstruire sur place.
À partir de 1986, les réformes Đổi Mới donnent davantage de place aux décisions des agriculteurs, aux entreprises et aux échanges. Vietnam développe ses ateliers, ses usines et ses exportations. Son histoire ne se résume pas aux guerres : elle continue dans le travail, l’apprentissage et les liens entre générations.
Un territoire entre fleuves et mer
La Chine, le Laos et le Cambodge sont les voisins terrestres.
Cette carte montre les frontières actuelles pour se repérer. Les royaumes et les divisions racontés dans les pages précédentes n’avaient pas les mêmes limites. Les espaces maritimes disputés ne sont pas représentés comme des possessions incontestées.