Frères Wright
Douze secondes au-dessus du sable
Dayton et Kill Devil Hills, États-Unis · Wilbur 1867–1912 · Orville 1871–1948
Les frères Wright
- Orville est couché sur l’aile du bas. Wilbur court à — côté. Au bout du rail, le sable continue tout droit. La
machine, elle, quitte le sol.
Le vélo apprend l’équilibre
Les essais d’Otto Lilienthal et d’autres pionniers précèdent les leurs. Les Wright accordent une importance particulière au contrôle en vol. Ajouter un moteur à une machine incontrôlable ne ferait qu’aggraver le danger.
Le récit d’un premier vol motorisé cache plusieurs problèmes distincts, portance, propulsion, stabilité et pilotage. Les frères consacrent des saisons entières aux ailes et aux commandes avant d’installer un moteur.
Du vent dans une boîte
Une balance sensible permet de classer l’effet des profils et des proportions d’ailes. La soufflerie fournit des mesures utiles là où les valeurs utilisées jusque-là avaient mal prédit leur expérience.
Le changement de méthode compte autant que la quantité d’essais. Une comparaison contrôlée entre deux modèles répond mieux à certaines questions qu’une succession de grands planeurs dans un vent changeant.
Apprendre à tourner
Le gauchissement change la portance d’une aile par rapport à l’autre et produit du roulis. Il modifie aussi la traînée et peut faire dévier le nez dans un sens indésirable. La gouverne de direction aide à corriger cet effet.
Pour obtenir un virage, les mouvements autour des différents axes doivent s’accorder. Le planeur de 1902 permet d’exercer cette coordination en vol avant que la propulsion ajoute une difficulté.
Des hélices dans le vent
Le Flyer reçoit un moteur à essence à quatre cylindres. Des chaînes transmettent le mouvement aux deux hélices propulsives. Le pilote prend place à côté du moteur, sur l’aile inférieure.
Une puissance annoncée au moteur ne garantit pas une poussée suffisante. Les pertes de transmission et la forme des pales déterminent quelle part de l’effort sera effectivement disponible pour le vol.
Les douze secondes d’Orville
Le vent de face aide à atteindre la vitesse nécessaire par rapport à l’air. Le rail guide le chariot sur le sable. Ce jour-là, le Flyer décolle par la poussée de son propre moteur, sans catapulte.
Le chiffre de 37 mètres est une distance au sol. Dans un vent de face fort, la distance parcourue par rapport à l’air diffère nettement. Il faut préciser le référentiel pour interpréter la performance.
Trois vols de plus
Les frères télégraphient les résultats à leur père. En 1905, à Dayton, leur troisième Flyer démontre leur capacité à tenir l’air plus longtemps et à exécuter des virages répétés.
Le vol de décembre 1903 est un jalon d’une séquence expérimentale. Il faut des essais ultérieurs pour passer d’une trajectoire brève et difficile à une machine assez contrôlable pour des circuits prolongés.
Trois façons de bouger
Pour piloter, il faut agir sur plusieurs mouvements de l’avion.
Lever ou baisser le nez change l’inclinaison vers l’avant ou l’arrière. C’est le tangage.
Incliner l’aile droite ou l’aile gauche fait basculer la machine sur le côté. C’est le roulis.
Faire pivoter le nez vers la droite ou la gauche agit en lacet. Les commandes doivent se coordonner dans le virage.
La photo du décollage
L’appareil photographique avait été placé à l’avance. L’image témoigne d’un instant du décollage. La durée et la distance viennent d’autres relevés.
Croiser le cliché, les notes de vol et le télégramme permet de dissocier ce qui est vu sur l’image et ce qui est mesuré ou annoncé par les participants.
Quel premier vol ?
Des ballons avaient déjà emporté des êtres humains. Des planeurs avaient volé avant le Flyer. La portée du vol des Wright tient à une combinaison précise.
Leur appareil est plus lourd que l’air, motorisé, piloté et contrôlé en vol. Le décollage de 1903 ne réclame ni pente descendante ni catapulte.
Ces critères rendent la discussion historique plus précise. Une antériorité en matière de planeur ou de dirigeable se juge avec des critères différents.
Le mécanicien de Dayton
Charlie Taylor aide les frères à disposer du moteur que leur imposent le poids et la puissance recherchés. Son atelier partage l’aventure du vol.
La contribution de Taylor n’efface pas celles des frères au pilotage, à l’aérodynamique et à la conception des hélices. Elle restitue l’équipe nécessaire au Flyer.
L’objet final associe des pièces qui doivent arriver au même niveau de fiabilité au même moment. Même une excellente aile reste au sol si le groupe moteur manque.
Les repères du récit
Première campagne de planeur des Wright en Caroline du Nord.
Essais en soufflerie à Dayton.
Le nouveau planeur améliore le contrôle en virage.
17 décembre 1903
Quatre vols motorisés près de Kitty Hawk, à Kill Devil Hills.
Le Flyer III réalise des vols prolongés en circuit.
Sources
Repères et illustrations.
Les dates et faits du récit s’appuient sur des repères historiques établis (ateliers, publications, institutions liées aux inventeurs).