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Zhang Qian (vers 195–114 av. n. è.)

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Illustration de la page « Zhang Qian ».

Treize ans d’absence : combien de fois les portes de la capitale se sont-elles ouvertes sans laisser revenir l’envoyé ? Lorsque Zhang Qian rentre enfin, il ne rapporte pas l’alliance attendue. Il apporte pourtant quelque chose de décisif : des nouvelles précises de peuples et de pays que la Chine des Han connaît encore très mal.

Son aventure commence au IIe siècle avant notre ère, à la demande de l’empereur Wudi. Il faut gagner des alliés contre les Xiongnu. Ce projet politique entraîne l’émissaire vers l’Asie centrale. Entre la mission reçue et le retour se dressent des captures, des distances immenses et une réponse que son souverain ne souhaitait pas entendre.

IIe siècle av. J.-C. · Chine des Han · Asie centrale · retour en Chine

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Une mission pour l’empereur

Illustration de la page « Une mission pour l’empereur ».

La question posée à la cour est toute simple. Un peuple autrefois vaincu voudra-t-il se battre aux côtés des Han ? Pour obtenir sa réponse, il faut envoyer quelqu’un très loin à l’ouest et espérer le revoir un jour.

La cour cherche les Yuezhi, un peuple repoussé vers l’ouest. Le voyage est donc d’abord diplomatique et stratégique. Pour protéger son pays, l’envoyé doit traverser des territoires que son propre gouvernement connaît mal.

Vers 138 avant notre ère, l’empereur Wudi des Han cherche des alliés contre les Xiongnu. Il apprend que ceux-ci ont chassé les Yuezhi vers l’ouest. Pour remettre sa proposition, Zhang Qian doit précisément traverser une région où les Xiongnu ont le pouvoir d’arrêter les voyageurs.

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Le voyage arrêté

Illustration de la page « Le voyage arrêté ».

Zhang Qian est capturé par les Xiongnu. Les mois passent, puis les années. Son voyage semble terminé avant d’avoir atteint son but. Il vit longtemps parmi ses gardiens, fonde une famille et conserve pourtant le souvenir de la mission impériale. Le temps transforme le jeune envoyé. Retrouver la liberté ne lui rendra pas les années perdues, mais lui permettra de reprendre le chemin.

La captivité dure environ une décennie. Elle lui fait aussi connaître de l’intérieur une société que la cour des Han considère surtout comme un adversaire. L’expérience accumulée devient une part de son savoir.

Capturé par les Xiongnu, Zhang Qian reste plus de dix ans auprès d’eux. Il fonde une famille. Le récit chinois précise qu’il conserve le bâton d’autorité confié à l’envoyé des Han. Quand il trouve enfin une occasion de fuir, sa mission existe encore, mais la cour ignore son sort.

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Vers les pays de l’Ouest

Après s’être échappé, Zhang Qian poursuit sa route. Il découvre des sociétés agricoles, des villes et des marchés d’Asie centrale. Il apprend notamment l’existence de chevaux réputés dans la vallée de Ferghana. Le monde de son empereur vient de s’agrandir. Les champs cultivés et les cités qu’il rencontre corrigent l’idée d’un Ouest composé seulement de steppes et de cavaliers nomades.

Ses informations concernent les ressources, les souverains et les relations entre peuples. Ce ne sont pas seulement des curiosités : ces renseignements peuvent guider des échanges, des ambassades et, plus tard, des campagnes militaires.

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Des objets déjà arrivés avant lui

Illustration de la page « Des objets déjà arrivés avant lui ».

En Bactriane, Zhang Qian remarque des objets venus de régions de Chine : des tissus et des cannes de bambou. Comment sont-ils arrivés si loin ? Il interroge les marchands. Ceux-ci lui parlent de passages par l’Inde. Les objets ont donc circulé par des chemins qu’il n’a pas empruntés. Un marché devient pour lui le début d’une enquête.

Suivre l’origine d’une marchandise révèle parfois une route invisible sur les cartes. Des intermédiaires peuvent relier deux pays sans qu’un même marchand fasse tout le trajet.

En Bactriane, Zhang Qian remarque du bambou et des étoffes qu’il associe au pays de Shu, dans le sud-ouest de la Chine. Comment sont-ils arrivés ici avant lui ? Des marchands lui parlent d’un passage par une région appelée Shendu, associée à l’Inde.

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Une réponse inattendue

Illustration de la page « Une réponse inattendue ».

Les Yuezhi ont trouvé de nouvelles terres et ne souhaitent pas reprendre la lutte voulue par les Han. Zhang Qian n’obtient donc pas l’alliance espérée. Après tant d’années, il devra revenir avec une réponse décevante. Mais il ne rentrera pas les mains vides. L’envoyé doit accepter que les intérêts de ce peuple ne soient pas ceux de son empereur. Une alliance ne se décrète pas seul.

Une mission peut échouer dans son objectif initial et produire un résultat majeur. Ses observations révèlent à la cour des royaumes, des ressources et des itinéraires dont elle ne disposait pas d’une connaissance aussi précise.

Lorsque Zhang Qian rejoint enfin les Yuezhi, ceux-ci se sont établis dans des terres prospères de l’Asie centrale. La revanche que souhaite la cour des Han ne les tente guère. Après tant d’années de captivité et de marche, le diplomate doit rentrer sans l’alliance promise.

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Le retour de l’envoyé

Illustration de la page « Le retour de l’envoyé ».

Zhang Qian regagne la Chine après environ treize années d’absence, non sans avoir subi une nouvelle captivité. L’empereur reçoit un homme dont l’alliance a échoué, mais dont le récit vaut beaucoup : il peut désormais penser plus loin vers l’ouest. Le survivant porte désormais une expérience qu’aucune dépêche rapide n’aurait pu remplacer. Ses observations donnent un sens nouveau à ce retour.

Zhang Qian repart ensuite en ambassade. Ses informations contribuent à développer les contacts des Han avec l’Asie centrale. Les itinéraires se renforcent peu à peu, par la diplomatie, le commerce et l’intervention militaire.

Vers 126 avant notre ère, Zhang Qian reparaît chez les Han avec Ganfu. Il peut décrire le Dayuan, souvent identifié à la vallée de Ferghana, et les pays situés au-delà. Les chevaux remarquables dont il parle éveillent à la cour un intérêt qui survivra à son voyage.

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Repartir, cette fois avec un nom

Après un tel retour, on pourrait imaginer que Zhang Qian ne quittera plus la Chine. Il repart pourtant pour une nouvelle ambassade, notamment auprès des Wusun. Ses adjoints gagnent d’autres pays. Il ne s’agit plus seulement d’un homme cherchant sa route : plusieurs missions se ramifient. Son nom devient une recommandation pour des envoyés qui viennent après lui.

La confiance acquise pendant un premier voyage peut faciliter les suivants. Elle ne supprime ni les frontières ni les rivalités, mais elle donne des interlocuteurs.

Lors de sa nouvelle mission, Zhang Qian se tourne vers les Wusun. L’envoyé ne voyage plus avec le même modeste appui. Il peut envoyer des adjoints dans plusieurs directions, ce qui multiplie les occasions d’obtenir une réponse et de comparer les récits au retour.

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Des chemins qui se rejoignent

On appelle aujourd’hui « routes de la soie » ces nombreux chemins qui ont relié des régions d’Asie et d’Europe. Il n’existe pas une seule grande route tracée par Zhang Qian. Son courage a surtout aidé des mondes éloignés à mieux se connaître. À chaque étape, les voyageurs dépendent de guides, de marchés et de pouvoirs locaux. Le réseau tient grâce à cette multitude de relais.

Les marchandises changent souvent de mains avant d’arriver au bout du voyage. Des savoir-faire, des croyances et des mots circulent aussi. L’envoyé des Han devient l’un des grands noms d’une histoire collective.

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Une route faite de relais

La soie n’est pas chargée dans une seule caravane qui traverserait toute l’Asie. Des marchands achètent, transportent puis revendent les ballots. Les marchandises changent de mains, de montures et parfois de direction. Les oasis offrent de l’eau, mais aussi des nouvelles : un passage est-il sûr ? Un souverain prélève-t-il un droit ? Un voyage commercial se prépare autant avec des renseignements qu’avec des provisions.

Une mission qui n’atteint pas son objectif peut-elle tout de même changer l’histoire ?

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Revenir sans la victoire espérée

Illustration de la page « Revenir sans la victoire espérée ».

Départ pour chercher une alliance avec les Yuezhi.

Première captivité chez les Xiongnu.

Durée totale de l’absence avant le premier retour.

Nouvelles ambassades vers l’Asie centrale.

La mission initiale n’aboutit pas : les Yuezhi refusent l’alliance. Ce résultat doit être dit clairement. Mais le bilan ne s’arrête pas là. Zhang Qian a appris où vivent certains peuples, quelles ressources ils possèdent et avec qui ils échangent. Son empereur peut désormais décider avec davantage d’informations. Le service rendu n’est pas celui qui avait été prévu ; il n’en est pas moins considérable.

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L’enquête continue

Une mission, une captivité, une réponse refusée, puis un retour plein de nouvelles : voilà une aventure qui ne se termine pas comme prévu. Zhang Qian nous laisse une idée exigeante du courage. Tenir bon compte ; savoir regarder et raconter avec précision compte aussi. Son voyage ouvre surtout la possibilité de nombreux autres voyages.

À TOI DE MENER L’ENQUÊTE

1. Quel travail reçoit Zhang Qian ?

2. Les Yuezhi acceptent-ils cette alliance ?

3. Pourquoi son retour reste-t-il précieux ?

4. Pourquoi parle-t-on de routes au pluriel ?

POUR VÉRIFIER TES RÉPONSES

Sources

Sources

  • 史記 : 列傳 : 大宛列傳 - 中國哲學書電子化計劃 — https://ctext.org/shiji/da-wan-lie-zhuan/zhs
  • srjournal_v6n2 (Winter Spring 2009) — https://edspace.american.edu/silkroadjournal/wp-content/uploads/sites/984/2017/09/Alexander-the-Great.pdf
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