Zhang Qian
Zhang Qian
Treize ans d’absence : combien de fois les portes de la capitale se sont-elles ouvertes sans laisser revenir l’envoyé ? Lorsque Zhang Qian rentre enfin, il ne rapporte pas l’alliance attendue. Il apporte pourtant quelque chose de décisif : des nouvelles précises de peuples et de pays que la Chine des Han connaît encore très mal.
IIe siècle av. J.-C. · Chine des Han · Asie centrale · retour en Chine
Une mission pour l’empereur
Zhang Qian ne part pas vendre de la soie. L’empereur des Han lui demande de chercher une alliance contre les Xiongnu, de puissants voisins. Il quitte la Chine au IIe siècle avant notre ère, avec une mission dont le retour semble incertain. Il faudra franchir le territoire des adversaires pour atteindre les alliés espérés. Dès le départ, la route est donc une partie du danger. Nous sommes vers 138 avant notre ère. Parmi ses compagnons se trouve Ganfu, qui restera avec lui jusque sur le chemin du retour.
Le voyage arrêté
Zhang Qian est capturé par les Xiongnu. Les mois passent, puis les années. Son voyage semble terminé avant d’avoir atteint son but. Il vit longtemps parmi ses gardiens, fonde une famille et conserve pourtant le souvenir de la mission impériale. Le temps transforme le jeune envoyé. Retrouver la liberté ne lui rendra pas les années perdues, mais lui permettra de reprendre le chemin.
Vers les pays de l’Ouest
Après s’être échappé, Zhang Qian poursuit sa route. Il découvre des sociétés agricoles, des villes et des marchés d’Asie centrale. Il apprend notamment l’existence de chevaux réputés dans la vallée de Ferghana. Le monde de son empereur vient de s’agrandir. Les champs cultivés et les cités qu’il rencontre corrigent l’idée d’un Ouest composé seulement de steppes et de cavaliers nomades.
Des objets déjà arrivés avant lui
En Bactriane, Zhang Qian remarque des objets venus de régions de Chine : des tissus et des cannes de bambou. Comment sont-ils arrivés si loin ? Il interroge les marchands. Ceux-ci lui parlent de passages par l’Inde. Les objets ont donc circulé par des chemins qu’il n’a pas empruntés. Un marché devient pour lui le début d’une enquête.
Une réponse inattendue
Les Yuezhi ont trouvé de nouvelles terres et ne souhaitent pas reprendre la lutte voulue par les Han. Zhang Qian n’obtient donc pas l’alliance espérée. Après tant d’années, il devra revenir avec une réponse décevante. Mais il ne rentrera pas les mains vides. L’envoyé doit accepter que les intérêts de ce peuple ne soient pas ceux de son empereur. Une alliance ne se décrète pas seul.
Le retour de l’envoyé
Zhang Qian regagne la Chine après environ treize années d’absence, non sans avoir subi une nouvelle captivité. L’empereur reçoit un homme dont l’alliance a échoué, mais dont le récit vaut beaucoup : il peut désormais penser plus loin vers l’ouest. Le survivant porte désormais une expérience qu’aucune dépêche rapide n’aurait pu remplacer. Ses observations donnent un sens nouveau à ce retour.
Repartir, cette fois avec un nom
Après un tel retour, on pourrait imaginer que Zhang Qian ne quittera plus la Chine. Il repart pourtant pour une nouvelle ambassade, notamment auprès des Wusun. Ses adjoints gagnent d’autres pays. Il ne s’agit plus seulement d’un homme cherchant sa route : plusieurs missions se ramifient. Son nom devient une recommandation pour des envoyés qui viennent après lui.
Des chemins qui se rejoignent
On appelle aujourd’hui « routes de la soie » ces nombreux chemins qui ont relié des régions d’Asie et d’Europe. Il n’existe pas une seule grande route tracée par Zhang Qian. Son courage a surtout aidé des mondes éloignés à mieux se connaître. À chaque étape, les voyageurs dépendent de guides, de marchés et de pouvoirs locaux. Le réseau tient grâce à cette multitude de relais.
À toi de poursuivre le voyage
Une mission, une captivité, une réponse refusée, puis un retour plein de nouvelles : voilà une aventure qui ne se termine pas comme prévu. Zhang Qian nous laisse une idée exigeante du courage. Tenir bon compte ; savoir regarder et raconter avec précision compte aussi. Son voyage ouvre surtout la possibilité de nombreux autres voyages.
Les Yuezhi acceptent-ils cette alliance ?
Sources
- 史記 : 列傳 : 大宛列傳 - 中國哲學書電子化計劃 — https://ctext.org/shiji/da-wan-lie-zhuan/zhs
- srjournal_v6n2 (Winter Spring 2009) — https://edspace.american.edu/silkroadjournal/wp-content/uploads/sites/984/2017/09/Alexander-the-Great.pdf