Animaux de la forêt
Les animaux de la forêt
Une forêt tempérée change de garde-manger au cours de l’année. Les animaux répondent à des signaux de lumière, de température et de ressource qui ne varient pas toujours au même rythme.
Le renard roux
Sous-bois, clairières et bocages d’Europe · Vulpes vulpes
Le renard écoute avant de bondir. Il mange des petits mammifères mais aussi des fruits, des insectes ou des carcasses selon ce que la saison lui offre. La position des oreilles renseigne sur la direction d’un son. Dans les herbes hautes ou la neige, l’ouïe aide quand la proie échappe à la vue. Des restes trouvés dans une crotte signalent un aliment consommé. Les poils et les graines se conservent mieux que les parties molles, ce qui déforme la proportion apparente des repas.
L’écureuil roux
Forêts de feuillus et de conifères d’Europe · Sciurus vulgaris
Selon les arbres disponibles, il mange graines de conifères, noisettes, champignons ou bourgeons. Il met une partie de sa récolte de côté dans plusieurs caches. Éparpiller les réserves évite de tout perdre si un voisin en découvre une. Une graine oubliée peut germer si l’emplacement et la saison conviennent. Comparer les cônes rongés, les nids et les observations directes donne une idée de sa présence. Une année pauvre en graines modifie son activité sans forcément traduire un déclin permanent.
Autour de 20 à 25 cm de corps, sans la queue, moins que la longueur d’une règle.
Le sanglier
Forêts, lisières et plaines d’Europe · Sus scrofa
Le sanglier retourne le sol pour chercher à manger. Les marcassins suivent la laie ; de longues rayures claires découpent leur silhouette dans les taches de lumière. Le fouissage déplace les graines et mélange les couches superficielles. Il peut ouvrir des sites de germination tout en déracinant des plantes déjà installées. L’effet sur la végétation dépend de la fréquence des passages et de la surface remuée. Une petite trouée occasionnelle et un sol retourné à répétition n’ont pas les mêmes conséquences.
Un grand mâle peut dépasser 100 kg, plus lourd que beaucoup d’adultes humains.
Le cerf élaphe
Massifs forestiers et clairières d’Europe · Cervus elaphus
Chaque année, les bois du mâle tombent et se renouvellent. En croissance, ils sont recouverts d’un velours vivant parcouru de vaisseaux sanguins. Lorsque l’os se minéralise, le velours se dessèche et se détache. Les bois achevés servent aux signaux et aux affrontements pendant le rut d’automne. Compter les pointes ne fournit pas un âge exact. Nutrition, état de santé et héritage individuel influencent la ramure en plus de l’âge.
Les grands mâles peuvent dépasser 200 kg et atteindre environ 1,4 m à l’épaule.
Le blaireau européen
Terriers des forêts et du bocage en Europe · Meles meles
Le blaireau cherche souvent des vers de terre, mais son menu varie avec les ressources. Son grand terrier présente parfois plusieurs entrées et des tas de terre fraîche. Il utilise aussi de petites fosses où il dépose ses excréments. Certaines sont placées près des limites ou sur les trajets du groupe. Les fosses renseignent sur l’usage de l’espace. En compter davantage ne signifie pas automatiquement que davantage d’individus vivent dans le secteur.
La chouette hulotte
Bois, parcs et vieilles futaies d’Europe · Strix aluco
Le hululement du mâle et le cri bref souvent émis par la femelle peuvent se répondre. Le célèbre appel de chouette entendu comme une seule phrase vient parfois de deux oiseaux. Les cris servent au contact et à la défense du territoire. Les deux sexes disposent de plusieurs émissions vocales, si bien qu’un son isolé ne détermine pas toujours le sexe avec certitude. Les suivis nocturnes répétés distinguent mieux un territoire occupé qu’une écoute unique. Le vent, la saison ou la présence de voisins modifient la probabilité d’entendre un cri.
Le pic épeiche
Troncs et houppiers des forêts d’Europe · Dendrocopos major
Il frappe parfois pour extraire une larve, parfois pour tambouriner. Une branche sèche qui résonne bien devient alors un instrument pour signaler sa présence. Il peut aussi coincer un cône dans une fente de l’écorce avant d’en extraire les graines. L’enclume fournit un appui stable pour les coups de bec. Un tas de cônes sous le même arbre suggère un poste de travail réutilisé. Le nombre de cônes ne donne toutefois pas à lui seul le nombre de pics qui y sont venus.
Le chevreuil
Lisières et boisements d’Europe · Capreolus capreolus
Au début de sa vie, le faon reste souvent immobile dans un couvert. La chevrette s’éloigne pour manger puis revient l’allaiter. Ses taches le camouflent à la lumière du sous-bois. La discrétion du faon réduit la probabilité d’attirer l’attention d’un prédateur. Une rencontre isolée apporte donc très peu d’indices sur la présence effective de la mère. Dans les prairies de fauche, le même réflexe d’immobilité devient un risque. Repérer les jeunes avant le passage des engins permet d’agir sur un danger très différent de la prédation.
Le hérisson d’Europe
Lisières, haies et jardins d’Europe occidentale · Erinaceus europaeus
En automne, il accumule des réserves et prépare un nid abrité. Pendant l’hibernation, il dépense beaucoup moins d’énergie et peut connaître des réveils temporaires. Il peut garnir un nid de feuilles sèches dont l’air emprisonné limite les échanges de chaleur. La durée de l’hibernation varie selon la météo et l’état de l’individu. La continuité des haies et des jardins lui donne accès à des refuges et à plusieurs lieux de chasse. Une clôture pleine peut diviser un petit territoire pourtant riche en nourriture.
Un adulte mesure souvent de 20 à 30 cm, de l’ordre d’une règle d’école.
Le geai des chênes
Chênaies et forêts mélangées d’Europe · Garrulus glandarius
À l’automne, il transporte des glands et les dissimule en de nombreux endroits. Il en retrouve une partie quand la nourriture se fait rare. Les glands oubliés ou non récupérés peuvent germer loin de l’arbre parent. L’oiseau déplace ainsi des graines trop lourdes pour être transportées loin par le vent. Cette dispersion dépend du choix de la cache. Un gland transporté mais déposé dans un sol impropre ou déterré par un autre animal ne donnera pas un jeune chêne.
La salamandre tachetée
Sous-bois humides et ruisselets d’Europe · Salamandra salamandra
Dans beaucoup de populations, la femelle dépose des larves vivantes dans l’eau. Ces jeunes respirent avec des branchies externes et chassent de petits animaux aquatiques. Les adultes sont principalement terrestres. La larve aquatique et l’adulte du sous-bois ne dépendent donc pas du même abri. Certaines populations ont un mode de reproduction différent. Repérer des adultes lors d’une nuit humide ne prouve pas qu’un ruisseau voisin permet une reproduction réussie. L’observation de plusieurs stades aide à situer le point fragile du cycle.
La pipistrelle commune
Lisières, villages et bois clairs d’Europe · Pipistrellus pipistrellus
Cette petite chauve-souris émet des ultrasons et écoute les échos renvoyés par les obstacles et ses proies. Elle chasse volontiers le long des haies et des lisières. La suite des signaux s’accélère lorsqu’elle se rapproche d’un insecte. Un détecteur convertit les ultrasons en signaux audibles ou les enregistre pour analyse. Plusieurs espèces émettent des signaux voisins. L’identification acoustique tient compte de la forme du cri, du contexte et des limites du matériel, plutôt que d’une seule fréquence.
Environ 3,5 à 8 g pour un corps d’environ 4 cm : à peu près le poids d’une petite pièce.
La sittelle torchepot
Arbres âgés des bois et parcs européens · Sitta europaea
Sa queue courte ne lui sert pas d’appui comme celle d’un pic. Dans le tronc, elle peut utiliser un ancien trou pour installer son nid. Si l’entrée de la cavité est trop large, elle y applique de la boue qui durcit. Cette maçonnerie ajuste l’ouverture à sa taille. La qualité d’un gîte dépend de l’ouverture autant que du volume intérieur. Conserver les vieux arbres à trous permet à ce petit maçon de choisir puis d’aménager un logement.
Environ 14 cm, moins qu’un crayon.
Le lucane cerf-volant
Bois morts et souches des feuillus européens · Lucanus cervus
Le mâle peut soulever et écarter un rival avec ses mandibules. La larve, très différente, vit longtemps dans du bois déjà décomposé ou près de racines mortes. Le développement larvaire peut durer plusieurs années. L’adulte visible en été n’est qu’un court épisode d’un cycle dépendant de la persistance du bois mort. Retirer systématiquement les vieilles souches supprime un habitat qui met longtemps à se former. La présence d’adultes une année ne garantit pas que les prochaines larves auront encore leur ressource.
Un grand mâle, mandibules comprises, peut atteindre environ 8 cm, la longueur d’une carte.
La martre des pins
Forêts tempérées d’Europe · Martes martes
Agile dans les branches, la martre chasse et cherche aussi des fruits. Elle se repose notamment dans des cavités ou des abris abandonnés. Sa longue queue contribue à l’équilibre. Elle utilise pourtant aussi beaucoup le sol : sa capacité à grimper ne fait pas d’elle une habitante exclusive des cimes. Des poils ou des crottes peuvent fournir de l’ADN pour confirmer l’espèce. La couleur de la gorge aide à l’observation, mais une image nocturne floue peut la faire confondre avec la fouine.
La mésange charbonnière
Bois, haies et jardins d’Europe · Parus major
Les chenilles peuvent nourrir une grande part des oisillons. Pour les parents, élever une nichée au moment où les arbres en portent beaucoup est un avantage. Au printemps, l’éclosion des chenilles répond notamment au développement des feuilles et à la température. La date de ponte de l’oiseau dépend d’autres signaux en partie liés. Des suivis de nichoirs pendant des décennies permettent de comparer le pic de nourriture au besoin maximal des poussins. Le décalage n’est pas identique dans toutes les forêts.
Environ 14 cm et souvent moins de 25 g.
Le coucou gris
Bois clairs, lisières et zones humides d’Europe · Cuculus canorus
La femelle coucou dépose son œuf dans le nid d’une autre espèce. Les parents hôtes peuvent élever le jeune, même lorsqu’il devient bien plus grand qu’eux. Le jeune coucou peut éjecter des œufs ou des poussins avec son dos. Certaines lignées de femelles pondent des œufs dont l’aspect ressemble à ceux de l’hôte habituel. La ressemblance des œufs et la capacité des hôtes à les reconnaître sont étudiées avec des mesures de couleur et des expériences contrôlées. L’œil humain ne perçoit pas tous les contrastes visibles aux oiseaux.
Le crapaud commun
Bois humides et chemins vers les mares d’Europe · Bufo bufo
Hors de la reproduction, l’adulte vit surtout à terre. Au printemps, de nombreux individus gagnent une mare et peuvent devoir traverser une route sur le chemin. La femelle dépose de longs cordons gélatineux. Ils se distinguent des amas que forment les pontes de la grenouille rousse. Les têtards restent aquatiques jusqu’à leur métamorphose. Les passages à amphibiens sont utiles s’ils interceptent réellement le trajet et si les animaux y sont guidés. Les comptages de traversées permettent d’ajuster leur emplacement.
À la même échelle
Un hérisson de 25 cm est un peu plus court qu’une règle de classe de 30 cm.
Une forêt passe l’hiver
Un bois mort nourrit longtemps des larves, un arbre creux abrite des reproducteurs et un chêne fournit des glands en quantité variable. Préserver des âges d’arbres différents maintient des ressources échelonnées sur des durées très diverses.
Sources
- Le renard roux · Red fox — Mammal Society
- L’écureuil roux · Red Squirrel (Sciurus vulgaris) - Woodland Trust
- Le sanglier · Wild Boar (Sus scrofa) - British Mammals - Woodland Trust
- Le cerf élaphe · Red Deer (Cervus elaphus) - Woodland Trust
- Le blaireau européen · Badger — Mammal Society
- La chouette hulotte · Tawny Owl | BTO
- Le pic épeiche · Great Spotted Woodpecker
- Le chevreuil · Roe Deer (Capreolus capreolus) - Woodland Trust
- Le hérisson d’Europe · European hedgehog | The Wildlife Trusts
- Le geai des chênes · Jay (Garrulus glandarius) - British Birds - Woodland Trust
- La salamandre tachetée · Salamandre tachetée (La) - Salamandra salamandra | Biodiv'Écrins - Parc national des Écrins
- La pipistrelle commune · Pipistrelle commune - LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) - Agir pour la biodiversité · Pipistrelle commune | MNHN
- La sittelle torchepot · Sittelle torchepot - LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) - Agir pour la biodiversité
- Le lucane cerf-volant · Le Lucane cerf-volant
- La martre des pins · Pine marten | The Wildlife Trusts
- La mésange charbonnière · Great Tit | BTO
- Le coucou gris · Obligate Brood Parasites: The Common Cuckoo | Oxford University Museum of Natural History
- Le crapaud commun · Crapaud commun - LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) - Agir pour la biodiversité
- Silhouette de comparaison · Roberto Díaz Sibaja · Licence