Animaux de la montagne
Les animaux de la montagne
En montagne, altitude et exposition modifient l’accès à l’herbe, aux proies et aux abris. Les réponses vont du simple déplacement sur une pente à la transformation saisonnière du pelage ou du métabolisme.
Le chamois
Alpages, forêts et pentes rocheuses des Alpes · Rupicapra rupicapra
Ses sabots ont un bord dur et une zone plus souple. Ils s’écartent légèrement et prennent appui sur des surfaces de formes différentes. La forme de l’appui aide sur le rocher comme sur un sol meuble, mais ne supprime pas le risque de chute. Selon la saison, le chamois choisit aussi des pentes où sa nourriture reste accessible. Les secteurs raides servent de refuges. Une fuite répétée sous l’effet du dérangement y coûte de l’énergie, surtout quand le manteau neigeux limite déjà l’accès aux plantes.
Environ 70 à 85 cm de haut à l’épaule.
Le bouquetin des Alpes
Escarpements rocheux des Alpes · Capra ibex
Le mâle porte des cornes bien plus grandes que celles de la femelle. Elles continuent à croître et restent sur la tête toute l’année. La croissance des cornes ralentit en hiver et laisse des marques annuelles. Les gros bourrelets visibles à l’avant ne correspondent pas chacun à une année. Les réintroductions alpines ont contribué au retour de l’espèce après une très forte réduction des effectifs. La circulation entre massifs et la diversité génétique comptent au-delà du seul nombre de bouquetins présents.
Un grand mâle peut atteindre environ 100 kg et porter des cornes proches de 1 m, presque la taille d’un petit enfant.
La marmotte des Alpes
Pelouses d’altitude et terriers des Alpes · Marmota marmota
Elle mange surtout des plantes durant la belle saison et accumule de la graisse. L’hiver, le groupe se retire dans une chambre du terrier pour hiberner. La température du corps et le rythme cardiaque diminuent. Des réveils périodiques interrompent l’hibernation : ils consomment une partie importante des réserves. Se regrouper aide à limiter les pertes de chaleur, notamment chez les jeunes. Un réveil ou une fuite qui paraît bref à l’observateur peut coûter cher à un animal qui ne mange presque plus.
Environ 45 à 60 cm de corps. En fin d’été, un adulte peut peser plusieurs kilos.
Le lièvre variable
Landes, forêts claires et alpages des montagnes européennes · Lepus timidus
Son pelage mue avec les saisons. Une fourrure épaisse et de grands pieds velus aident l’animal à circuler et à rester actif en montagne l’hiver. La durée du jour participe au déclenchement de la mue. Le calendrier de la couleur ne se règle donc pas instantanément sur une chute de neige ou un redoux. Des observations répétées d’individus et de la couverture neigeuse permettent d’étudier les décalages de camouflage. Un lièvre blanc sur une pente brune est plus facile à détecter par les observateurs eux-mêmes.
Le lagopède alpin
Landes et rocailles au-dessus des forêts alpines · Lagopus muta
Le plumage du lagopède se renouvelle au fil des saisons. Ses doigts emplumés le protègent du froid et élargissent son appui sur la neige. Une couche de neige meuble peut isoler un refuge nocturne. L’utilité de cette couche dépend de sa structure, pas seulement de la hauteur mesurée au sol. Les sites de repos sont discrets et peuvent se trouver près d’itinéraires de loisirs. Dévier un parcours de quelques dizaines de mètres dans une zone sensible peut éviter des envols répétés.
Autour de 35 cm de long, un peu plus qu’une règle d’école.
L’aigle royal
Parois, vallées ouvertes et alpages d’Europe · Aquila chrysaetos
Le couple peut aménager plusieurs aires dans son territoire. Les grandes plates-formes de branches servent parfois de nouveau après plusieurs années. Les reliefs et les thermiques aident l’aigle à patrouiller sans battre sans cesse des ailes. Dans les Alpes, des marmottes font partie des proies accessibles pendant leur saison d’activité. Un nid vide ne suffit pas à conclure que le territoire est abandonné. Le couple peut utiliser une autre aire, d’où l’intérêt de suivre plusieurs emplacements depuis un poste distant.
Environ 1,9 à 2,3 m d’envergure et plusieurs kilos. Ses ailes dépassent l’écartement des bras de la plupart des adultes.
Le gypaète barbu
Falaises et vallées des grands massifs européens · Gypaetus barbatus
Il avale beaucoup d’os entiers. Quand un os est trop grand, il peut l’emporter dans les airs et le lâcher sur une surface rocheuse pour le fractionner. Des sucs digestifs très acides permettent d’exploiter cette ressource laissée par d’autres charognards. Le choix d’un bon site de cassage compte autant que la hauteur de lâcher. Dans les Alpes, le suivi d’oiseaux réintroduits puis d’oiseaux nés en nature documente la reconquête de territoires. La survie des adultes compte beaucoup chez une espèce à reproduction lente.
Environ 2,6 à 2,9 m d’envergure et 5 à 7 kg. Ses ailes couvrent davantage que la largeur d’un grand lit.
Le chocard à bec jaune
Falaises et pelouses des montagnes européennes · Pyrrhocorax graculus
Il se déplace en groupes et se nourrit notamment d’invertébrés et de fruits. Il peut dormir ou nicher dans des anfractuosités de falaises et des gouffres. Ses déplacements journaliers peuvent relier des falaises élevées et des zones d’alimentation plus basses. La haute montagne sert à plusieurs activités, à différentes altitudes. Les groupes autour des terrasses de refuges sont plus faciles à compter que ceux qui cherchent leur nourriture au loin. Leur familiarité locale ne mesure pas l’état de toute la population.
Le campagnol des neiges
Éboulis, murets et amas rocheux des Alpes · Chionomys nivalis
Les interstices du pierrier offrent des passages et des abris. Il mange des végétaux et trouve dans l’espace sous la neige un milieu différent de la surface balayée par le vent. Le couvert neigeux isole une partie des variations de température. L’animal reste actif pendant l’hiver et peut utiliser des réserves végétales. Des observations estivales sur les blocs éclairent peu sa vie hivernale. L’étude des indices et du microclimat sous la neige permet de mieux caractériser son véritable refuge.
Environ 10 à 14 cm de corps, plus court qu’un crayon.
L’hermine
Prairies, pierriers et lisières montagnardes d’Europe · Mustela erminea
Dans de nombreuses régions froides, le pelage devient blanc en hiver. L’extrémité noire de la queue persiste et aide à la reconnaître. Son corps allongé permet d’explorer les galeries de petits rongeurs. Cette forme expose aussi une surface importante au froid pour un petit volume corporel. La présence d’un prédateur si discret se déduit souvent de traces et de rencontres brèves. Une courte vidéo montrant le bout de la queue est plus informative qu’une simple silhouette blanche.
Le corps mesure souvent de 20 à 30 cm, sans compter la queue.
Le lynx boréal
Forêts tranquilles des massifs européens · Lynx lynx
Dans les forêts où il trouve des proies, il peut chasser notamment le chevreuil. Ses pieds larges lui servent aussi sur des sols enneigés. La distribution des taches permet souvent la reconnaissance individuelle. Les caméras placées de part et d’autre d’un passage montrent les deux flancs. Les estimations par capture-recapture photographique tiennent compte des individus manqués. Une hausse du nombre de clichés peut aussi venir d’un plus grand nombre d’appareils.
Environ 80 à 130 cm de corps, pour un adulte souvent proche de 20 kg.
Le loup gris
Forêts, vallées et alpages des massifs européens · Canis lupus
La meute est souvent un groupe familial. Les membres se déplacent, se retrouvent et utilisent odeurs et hurlements pour communiquer. Pour détecter une présence discrète, les équipes de terrain croisent empreintes, images et indices biologiques. Des poils ou des crottes peuvent contenir de l’ADN exploitable. Une analyse génétique peut confirmer l’espèce et parfois identifier un individu déjà échantillonné. Le nombre de prélèvements n’est donc pas le nombre de loups : un même animal en laisse plusieurs.
Le tichodrome échelette
Grandes parois rocheuses, Alpes et autres massifs · Tichodroma muraria
Ses ailes arrondies laissent voir de larges plages rouges. Un bec long, fin et courbé atteint des invertébrés cachés dans le rocher. Il grimpe et effectue de courts vols pour passer d’une prise à l’autre. En hiver, on peut l’observer plus bas, y compris sur de grands bâtiments de pierre. La paroi constitue un habitat à part entière. Inventorier depuis un seul point laisse des pans de falaise entiers hors de vue, même lorsque l’oiseau est tout près.
Environ 16 à 17 cm, la taille d’un petit crayon.
Le triton alpestre
Mares fraîches et secteurs terrestres humides d’Europe · Ichthyosaura alpestris
Au printemps, les adultes gagnent les points d’eau pour se reproduire. La femelle dépose les œufs un à un, souvent protégés dans une feuille repliée. La larve respire dans l’eau grâce à des branchies externes. Une fois métamorphosé, le triton peut séjourner à terre et gagner des abris humides. La proximité entre mare et refuges terrestres compte pour le cycle entier. La profondeur d’une mare à elle seule ne suffit pas à prédire si les jeunes arriveront jusqu’à la métamorphose.
Souvent de 7 à 12 cm, queue comprise, plus court qu’un crayon.
L’apollon
Pentes ensoleillées et rocailles fleuries des montagnes d’Europe · Parnassius apollo
Ce papillon visite des fleurs pour leur nectar. Ses chenilles ont un autre régime : elles se nourrissent notamment d’orpins et de joubarbes sur les pentes rocheuses. L’œuf passe l’hiver avec la jeune chenille déjà formée à l’intérieur. Les sites bien ensoleillés favorisent ensuite l’activité et la croissance de la larve. La présence de belles fleurs ne suffit pas. Si les plantes nourricières des chenilles disparaissent sous les broussailles, le cycle local peut être interrompu malgré le nectar disponible.
Environ 6 à 9 cm d’envergure, de l’ordre d’une carte bancaire.
Le tétras-lyre
Limite supérieure des forêts et landes alpines · Lyrurus tetrix
Les mâles se rassemblent sur des places de chant et de parade. Pendant la saison froide, la neige poudreuse peut offrir un abri isolant sous la surface. Un abri creusé dans la neige limite les échanges avec l’air glacial. Une sortie précipitée implique une fuite puis la recherche d’un nouveau refuge. Cartographier les sites d’hivernage permet de détourner certains itinéraires de loisirs. On protège ainsi un usage précis du relief plutôt qu’une montagne entière indistinctement.
Le mouflon méditerranéen
Reliefs secs et pierreux, notamment dans des massifs européens · Ovis gmelini musimon et populations apparentées
Le bélier porte des cornes qui s’enroulent avec l’âge. Plusieurs populations de France continentale proviennent d’introductions, parfois fort loin des îles méditerranéennes. Sa présence sur une montagne n’implique donc pas que la population y ait une histoire ancienne. L’épaisseur du manteau neigeux peut limiter l’accès à la nourriture. Pour interpréter sa répartition, les archives d’introduction complètent l’étude des habitats actuels. Une carte de présence seule ne distingue pas distribution naturelle et déplacements organisés par les humains.
Le casse-noix moucheté
Forêts de pins cembros et autres conifères de montagne · Nucifraga caryocatactes
Le casse-noix transporte et cache de nombreuses graines pour l’hiver. Dans les Alpes, il participe ainsi à la dispersion de graines lourdes du pin cembro. Une graine cachée dans un endroit favorable peut germer si elle n’est pas récupérée. Une autre, dans un site trop sec ou trop ombragé, ne donnera pas de jeune arbre. Le nombre de caches ne mesure donc pas directement le renouvellement de la forêt. Il faut suivre leur emplacement, leur récupération et la survie des plantules pendant plusieurs saisons.
Environ 32 à 35 cm de long, à peu près une grande règle.
À la même échelle
À 2 m d’envergure, cet aigle couvre presque deux fois la taille d’un enfant de 1,20 m.
Vivre avec la neige
Pour mesurer l’effet d’un hiver, on peut associer dates d’enneigement, présence des animaux et survie des jeunes. Préserver des secteurs tranquilles réduit une dépense évitable, celle des fuites répétées quand la nourriture est rare.
Sources
- Le chamois · Le chamois | Parc national de la Vanoise
- Le bouquetin des Alpes · Le bouquetin | Parc national de la Vanoise
- La marmotte des Alpes · La marmotte | Parc national des Ecrins
- Le lièvre variable · Le lièvre variable | Parc national des Ecrins
- Le lagopède alpin · Le lagopède alpin | Parc national de la Vanoise
- L’aigle royal · L'aigle royal | Portail des parcs nationaux de France
- Le gypaète barbu · Gypaète barbu - LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) - Agir pour la biodiversité · Le gypaète barbu | Portail des parcs nationaux de France
- Le chocard à bec jaune · Chocard à bec jaune - Pyrrhocorax graculus | Biodiv'Écrins - Parc national des Écrins
- Le campagnol des neiges · Campagnol des neiges - Chionomys nivalis | Biodiv'Écrins - Parc national des Écrins
- L’hermine · Hermine | Parc national des Pyrénées
- Le lynx boréal · Photo-identification | Plan national d'actions en faveur du lynx boréal
- Le loup gris · Le suivi du loup | Parc national de la Vanoise
- Le tichodrome échelette · Le tichodrome échelette | Parc national des Ecrins
- Le triton alpestre · Ichthyosaura alpestris | DORIS
- L’apollon · Apollon | Parc national des Pyrénées
- Le tétras-lyre · Diagnostics des habitats du tétras-lyre | Parc national de la Vanoise
- Le mouflon méditerranéen · Mouflon méditerranéen | Parc national du Mercantour
- Le casse-noix moucheté · rando.geotrek.fr · Le pin cembro | Parc national des Ecrins
- Silhouette de comparaison · Andy Wilson · Licence