Richard Francis Burton
Richard Francis Burton
Dans une foule, un vêtement se remarque moins qu’un mot mal prononcé. En 1853, Richard Burton entreprend le pèlerinage de La Mecque sous une identité d’emprunt. Il a appris des langues et des usages pendant des années. Bien plus tard, devant un lac africain, ce sont des mots de géographie qui mettront son amitié avec Speke à l’épreuve.
Apprendre pour comprendre
Richard Francis Burton apprend les langues avec une facilité et une curiosité peu ordinaires. Officier britannique en Inde, il s’intéresse aux usages et aux textes. Pour lui, voyager demande de comprendre comment les autres parlent, pensent et vivent. Une expression apprise mot à mot reste difficile à employer tant qu’on ne sait pas dans quelle situation la dire.
Un mot appris en situation
Prononcer une formule n’est que la première étape. Faut-il la dire au moment d’arriver, à un aîné, à un hôte ou à un compagnon ? Burton observe les gestes qui accompagnent les paroles. Ce patient apprentissage préparera son voyage d’Arabie. Il rend aussi ses livres pleins de détails que manquerait un visiteur pressé.
Le pèlerinage de La Mecque
En 1853, Burton accomplit le pèlerinage de La Mecque en dissimulant son identité européenne. Sa connaissance des langues et des usages rend l’entreprise possible. Le voyage est risqué, et son récit le rend célèbre auprès du public britannique. Les habitudes de la caravane donnent le rythme des journées. Il doit les connaître aussi bien que le chemin.
La porte de Harar
Burton se rend à Harar en 1855, dans l’actuelle Éthiopie. Il veut pénétrer un lieu rarement accessible aux Européens. L’aventure repose sur la préparation et sur les relations établies en chemin, autant que sur son goût du danger. Les visiteurs ne décident pas seuls d’entrer. Les autorités de la ville contrôlent les conditions du séjour.
Un grand lac apparaît
En 1858, Burton et John Hanning Speke atteignent le lac Tanganyika. Maladies et difficultés ont éprouvé l’expédition. Leurs déplacements dépendent d’un grand nombre de guides, porteurs et intermédiaires africains. Derrière deux noms célèbres travaille toute une caravane. La marche a épuisé les deux Britanniques. La vue du grand lac représente autant un soulagement qu’un problème nouveau.
L’autre lac de Speke
Burton et Speke ont atteint le Tanganyika ensemble en 1858. Sur le chemin du retour, Speke part au nord sans son compagnon et voit le lac Victoria. Il pense avoir trouvé la grande réserve d’eau qui nourrit le Nil Blanc. En Grande-Bretagne, une proposition géographique devient peu à peu une bataille de réputation.
Deux hommes, deux convictions
Speke poursuit vers le lac Victoria et y voit la réponse au problème du Nil. Burton conteste ses conclusions. Leur désaccord devient une querelle célèbre, où les preuves géographiques se mêlent aux blessures personnelles et aux enjeux de réputation. Il faudrait observer un écoulement et le suivre. Dans les journaux et les conférences, les affirmations vont parfois plus vite que les vérifications.
Le voyage continue dans les livres
Burton sera aussi diplomate, écrivain et traducteur. Ses travaux sur les récits et les langues prolongent ses voyages. Il laisse une figure difficile à enfermer : érudit, officier, provocateur et explorateur, capable d’une grande curiosité comme d’une grande dureté. Traduire réclame les mêmes qualités d’écoute que la route, avec une autre difficulté. Le lecteur ne peut pas interroger lui-même l’interlocuteur.
À toi de poursuivre le voyage
La porte de Harar, la foule des pèlerins et la rive du Tanganyika posent trois questions différentes. Comment se fait-on comprendre ? Qui autorise l’entrée ? Qu’a-t-on vraiment prouvé après un voyage ? Burton les rend passionnantes parce qu’il a mis sa propre personne au milieu de chacune.