Dumont d’Urville
Dumont d’Urville
Une statue de marbre, un morceau de fer rouillé et un caillou ramassé près d’un continent de glace. Que peut bien relier ces trois objets ? Un marin normand qui sait regarder ce que les autres sont sur le point de laisser derrière eux. Dumont d’Urville va de la Méditerranée aux récifs de Vanikoro, puis jusqu’aux eaux polaires.
1820-1840 · Méditerranée · Océanie · Vanikoro · Antarctique
Un marin qui aime apprendre
Jules Dumont d’Urville entre dans la Marine avec une curiosité de savant. Il apprend les langues, s’intéresse à la botanique et observe les côtes. Ses voyages réuniront plusieurs passions, au lieu de choisir entre le marin et le chercheur. Herboriser apprend à regarder un petit détail et à le décrire. Un bon marin a souvent besoin de la même patience.
La statue de Milo
En 1820, à Milo, Dumont d’Urville observe la statue qui deviendra la Vénus de Milo. Il en reconnaît l’intérêt et soutient son acquisition par la France. Il ne l’a pas découverte lui-même, et il ne faut pas lui attribuer seul son arrivée au Louvre. À Milo, voir la statue et convaincre qu’elle mérite une acquisition sont deux gestes distincts. D’autres personnes s’occupent de la négociation.
Un regard sur le marbre
À Milo, la statue est déjà sortie de terre lorsqu’un officier français vient la voir. Dumont d’Urville l’examine et en souligne l’intérêt auprès des représentants de la France. D’autres mèneront l’achat et le transport. La célèbre sculpture entrera au Louvre. Un regard attentif à la bonne escale a contribué à son destin.
Des îles à cartographier
À bord de L’Astrolabe, Dumont d’Urville parcourt l’Océanie. Les relevés hydrographiques, les collections et les observations s’accumulent. Les passes entre les récifs demandent une attention constante : une petite erreur peut immobiliser un grand navire. Le sondage apprend ce que la surface ne montre pas. Quelques brasses font la différence entre passer et s’échouer.
Sur les traces de La Pérouse
En 1828, Dumont d’Urville atteint Vanikoro après les découvertes de Peter Dillon. Il retrouve des indices des navires de La Pérouse et fait élever un monument. Un explorateur tente ainsi de rendre une place à ceux qui n’ont pas pu revenir. En demandant où l’on a retrouvé un objet, les enquêteurs remontent vers les récifs.
Pourquoi appeler le navire L’Astrolabe ?
Le nom du bâtiment de Dumont d’Urville était déjà celui d’un des navires disparus avec La Pérouse. À Vanikoro, ce souvenir devient bien concret. On rassemble des pièces provenant du naufrage et l’on élève un monument. Le marin rend hommage à des hommes qu’il n’a pu sauver, mais dont il peut encore éclairer l’histoire.
Une terre nommée Adélie
En janvier 1840, les navires de Dumont d’Urville approchent les côtes antarctiques. Une équipe débarque sur un îlot rocheux. Le commandant nomme la Terre Adélie en l’honneur de son épouse. La France inscrit une nouvelle page dans l’exploration des régions polaires. Les hommes distinguent des masses de glace flottantes puis des roches. Une équipe atteint un îlot, par grand froid. Charles Jacquinot commande la Zélée, le second navire. À terre, des hommes recueillent des pierres sur un îlot rocheux, au large de la côte.
Le danger l’attend ailleurs
Dumont d’Urville survit aux récifs et aux glaces, mais meurt avec sa famille dans la catastrophe ferroviaire de Meudon en 1842. Son œuvre demeure dans les récits, les cartes et les collections. Sa fin rappelle que le danger n’attend pas toujours là où l’on le cherche. Après tant de mers dangereuses, la mort du navigateur dans un accident de train frappe les contemporains.
À toi de poursuivre le voyage
Des rives de Milo aux glaces de Terre Adélie, Dumont d’Urville exerce la même habitude. Il regarde de près, se demande ce qu’il voit réellement et cherche comment le rapporter à d’autres. Les réponses prennent la forme d’une acquisition, d’un monument ou d’un échantillon conservé.
Où le marin voit-il la statue ?
Sources
- Jules Dumont d’Urville, l’appel de la découverte | Musée national de la Marine — https://www.musee-marine.fr/le-magazine/dossiers-thematiques/voyages-aux-bouts-des-mondes-la-mer-sans-limites/jules-dumont-durville-lappel-de-la-decouverte.html
- MS 132-3. Journal de bord de Charles-Hector Jacquinot — https://ccfr.bnf.fr/portailccfr/ark%3A/16871/004b1981327