Cervantès
Les aventures du regard
Cervantès : deux amis et mille détours
Le premier porte Don Quichotte, qui se croit chevalier. Le second porte Sancho Panza, son compagnon. Ils regardent le même paysage, mais n’y voient pas toujours la même chose.
Cervantès invente ce duo dans Don Quichotte. L’un rêve de gloire, l’autre connaît le prix d’un repas et d’une bonne nuit. Leurs conversations sont aussi importantes que leurs aventures.
Quand les livres débordent
Don Quichotte a lu quantité de romans de chevalerie. Il finit par prendre leurs récits pour la réalité. Il choisit un nom de chevalier, appelle son cheval Rossinante et part rétablir la justice.
Ses intentions peuvent être généreuses, mais il comprend souvent mal ce qu’il voit. Lorsque des moulins apparaissent, il imagine des géants. Sancho l’avertit. L’aventure tourne mal : le vent fait tourner les ailes, et le chevalier est renversé.
« Ce ne sont pas des géants, mais des moulins à vent. »
Le cœur du livre : parler ensemble
Il espère aussi obtenir une récompense : son maître lui a promis de le faire gouverneur d’une île. Ses rêves sont donc plus grands qu’ils n’en ont l’air !
En chemin, les deux hommes se disputent, racontent des histoires et se secourent. Sancho devient parfois imaginatif ; Don Quichotte peut se montrer très raisonnable. Cervantès évite de les enfermer dans deux cases. C’est ce qui les rend si vivants.
Le casque qui était une bassine
Un barbier transporte une bassine de métal. Don Quichotte la prend pour le merveilleux casque d’un héros de ses livres. L’objet devient alors le centre d’une dispute : casque ou bassine ?
Le lecteur sait qu’il s’agit d’une bassine. Mais le chevalier tient à son idée. Cervantès nous fait rire de cet écart entre l’objet et le nom qu’on lui donne. Il montre aussi combien il peut être difficile de renoncer à une histoire que l’on aime.
Sancho, un gouverneur surprenant
Des personnages puissants font croire à Sancho qu’il gouverne une île appelée Barataria. C’est une plaisanterie organisée à ses dépens : le lieu n’est même pas une véritable île. Pourtant, Sancho prend sa mission au sérieux.
Dans une affaire, de l’argent a été caché dans un bâton. En observant les gestes des hommes qui viennent se plaindre, il découvre la ruse.
Ceux qui voulaient se moquer de lui voient apparaître un juge plein de bon sens.
Un héros qui découvre sa célébrité
La première partie de Don Quichotte paraît en 1605. La seconde arrive en 1615. Cervantès trouve alors une idée étonnante : dans la nouvelle histoire, certains personnages ont lu les premières aventures du chevalier !
Les gens croient les connaître et préparent parfois des pièges pour s’amuser. Le livre ne raconte plus seulement des aventures : il montre aussi ce que les lecteurs peuvent faire d’une histoire.
L’écrivain a beaucoup vécu
Voyages, captivité, Observer et inventer Don Quichotte n’est pas plusieurs métiers Cervantès Cervantès naît en Espagne en 1547. Il est soldat, puis reste prisonnier à Alger de 1575 à 1580. Plus tard, il exerce différents métiers tout en écrivant. Sa vie comporte de grandes épreuves. Il connaît les routes, les difficultés d’argent et le désir de retrouver sa liberté. Tout cela nourrit son attention aux êtres humains. Mais Don Quichotte n’est pas son autobiographie : Cervantès transforme ce qu’il connaît pour inventer des personnages et des situations.
Rire sans mépriser
Leur amitié donne au livre sa chaleur. On rit des erreurs, puis on s’attache à ceux qui les commettent. Cervantès nous apprend à regarder un personnage assez longtemps pour découvrir ce qu’une première impression aurait laissé de côté. « Chacun est l’artisan de sa destinée. » Don Quichotte · seconde partie, chapitre LXVI ; proverbe repris par Don Quichotte Traduction originale Savantissimo, de l’espagnol.