Molière
Le rire met le monde en scène
Molière, le rire en scène
Dans une maison, un père ne pense qu’à sa cassette d’argent. Dans une autre, un monsieur se prend pour un grand seigneur. Ailleurs, un valet prépare une ruse. D’une pièce à l’autre, nous allons les découvrir dans le théâtre de Molière.
Molière écrit pour des acteurs et pour un public qui écoute, regarde et réagit. Un mot répété, une grimace ou un silence peuvent faire éclater toute une salle de rire.
Un métier, toute une troupe
Molière s’appelle d’abord Jean-Baptiste Poquelin. En 1643, il participe avec Madeleine Béjart et d’autres comédiens à la création de l’Illustre Théâtre. Les débuts sont difficiles. La troupe doit gagner sa vie. Il joue ensuite dans plusieurs villes de France. Il apprend à sentir ce qui amuse les spectateurs. Quand il revient s’installer à Paris en 1658, il possède une solide expérience : ses pièces naissent aussi de ce travail quotidien.
Monsieur Jourdain découvre la prose
Le maître de philosophie lui apprend qu’il parle en prose. Jourdain s’émerveille : il faisait donc une chose savante sans le savoir ! Le plus amusant n’est pas d’apprendre, mais de se croire aussitôt extraordinaire.
« Il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j’en susse rien »
Harpagon et sa cassette
Harpagon compte, surveille et soupçonne. Il cache une cassette remplie d’argent et redoute qu’on la lui vole. Son inquiétude finit par occuper toute sa vie, y compris celle de ses enfants.
Il veut même organiser leurs mariages selon son intérêt. Molière grossit son défaut comme une loupe : nous voyons jusqu’où peut conduire l’avarice. Économiser est utile ; traiter les personnes comme des dépenses à réduire devient une drôle de catastrophe.
La galère qui n’existe pas
Scapin veut obtenir de l’argent de Géronte. Il lui raconte que son fils a été retenu sur un bateau et qu’il faut payer pour le libérer. Mais cette aventure est une invention !
Géronte répète toujours la même question. Il hésite, tend sa bourse, puis la retient. Le public connaît la ruse : il rit en voyant ce père lutter contre l’idée de se séparer de ses pièces.
« Que diable allait-il faire dans cette galère ? »
Un médecin très surprenant
Argan se croit sans cesse malade. Il écoute les médecins avec tant de confiance qu’il veut marier sa fille à l’un d’eux, pour être soigné plus facilement. Sa famille devient prisonnière de ses inquiétudes.
Toinette, sa servante, se déguise en médecin. Sous ce costume, elle lui donne des avis extravagants. Molière se moque de la confiance aveugle dans les grands mots et les habits impressionnants. Il ne dit pas que tous les malades inventent leurs douleurs.
La comédie se met à danser
Le théâtre de Molière ne se limite pas à des conversations. Certaines pièces mêlent les répliques à la musique et à la danse : ce sont des comédies-ballets. Le Bourgeois gentilhomme est créé avec la musique de Lully.
Un spectacle est une œuvre collective, même quand on retient surtout le nom de son auteur.
Des personnages qui nous ressemblent
Les habits ont changé depuis le XVIIe siècle. Pourtant, nous rencontrons encore des gens qui veulent paraître plus importants, qui s’inquiètent trop ou qui croient tout savoir. Les personnages de Molière gardent ainsi une étonnante jeunesse. On peut découvrir une pièce en la lisant, puis la voir jouée. Le même passage paraît parfois très différent selon le ton de l’acteur. Les mots sont écrits ; chaque représentation leur donne une présence nouvelle.