Henry Morton Stanley
Henry Morton Stanley
Août 1877. Un homme épuisé écrit une lettre à une personne dont il ignore le nom. Il espère seulement qu’à Boma, quelqu’un pourra la lire et envoyer des vivres. Celui qui demande de l’aide est Stanley. Quelques années auparavant, on l’avait envoyé chercher un autre voyageur privé de nouvelles. Les rôles se sont retournés.
Un homme à retrouver
Henry Morton Stanley reçoit une mission de journal : retrouver David Livingstone en Afrique. L’enquête exige une expédition entière. Né au pays de Galles dans des conditions difficiles, Stanley a déjà appris à se réinventer et à chercher sa place. La commande paraît tenir en quelques mots. Les préparatifs exigent des hommes, des provisions, des interprètes et des mois de marche.
La rencontre d’Ujiji
Stanley rejoint Livingstone à Ujiji en 1871. La rencontre devient célèbre. Le journaliste rapporte un récit qui le transforme en vedette. Mais cette première aventure ne lui suffit pas : il veut désormais résoudre de grandes questions géographiques à son propre nom. Ujiji est un lieu d’échanges animé. Ceux qui y vivent savaient que le missionnaire s’y trouvait.
Où mène le grand fleuve ?
Entre 1874 et 1877, Stanley traverse l’Afrique d’est en ouest. Il suit le Lualaba puis le Congo, dont le cours pose encore des questions aux géographes européens. L’objectif est simple à dire, mais immense à accomplir : accompagner les eaux jusqu’à leur débouché. Une ligne tracée sur une carte en Europe peut représenter des journées à négocier un passage puis à transporter les charges.
Le bateau que l’on porte en pièces
La Lady Alice part vers l’intérieur de l’Afrique sans toucher l’eau. Cette embarcation construite en sections fait d’abord partie des charges de la caravane. Une fois près d’un lac, on peut réunir les morceaux et mettre le bateau à flot. Pour les hommes qui en transportent les parties, la géographie se mesure aussi en poids sur les épaules.
Les rapides, la faim et les combats
Les rapides imposent des portages. Les maladies, les pertes et les affrontements réduisent l’expédition. Stanley commande avec une grande dureté et fait usage de la violence. La progression jusqu’à la mer est une prouesse physique dont le coût humain est immense. Les habitants ont leurs raisons de laisser entrer les voyageurs, de négocier ou de résister. L’expédition recourt aussi aux armes.
Une lettre à un inconnu
En août 1877, dans le bas Congo, l’expédition manque cruellement de vivres. Stanley adresse une lettre à tout homme parlant anglais que son messager pourra trouver à Boma. Il n’a pas besoin de connaître le destinataire pour formuler une demande urgente. Il lui faut surtout quelqu’un pour porter le papier et quelqu’un qui veuille agir en le lisant.
Au service de Léopold II
Après la traversée, Stanley travaille pour le roi Léopold II. Il établit des postes et conclut des accords qui contribuent à la construction de l’État indépendant du Congo. L’exploration devient un outil direct de domination coloniale. Léopold II est alors roi des Belges. Il poursuit au Congo un projet placé sous son autorité personnelle.
Une force qui ne suffit pas à admirer
Stanley a retrouvé Livingstone et relié dans les cartes le cours du Congo à l’Atlantique. Son endurance est indéniable. Pourtant, la force de volonté ne rend pas toutes les actions admirables. Sa vie oblige à regarder les résultats et les moyens ensemble. La question géographique a reçu sa réponse. Une autre question concerne le prix payé par ceux qui ont suivi ou rencontré la troupe.
À toi de poursuivre le voyage
Le premier article promettait une rencontre. La dernière lettre de la traversée demandait simplement de la nourriture. Entre ces deux feuilles de papier, on découvre ce que le grand récit du chef doit à ceux qui portent, traduisent, naviguent et parfois portent secours.