Louis-Antoine de Bougainville
Louis-Antoine de Bougainville
Que faire lorsqu’une terre à explorer se trouve derrière une barrière de récifs ? À bord de La Boudeuse, les hommes surveillent les brisants. Les réserves diminuent. Bougainville devra décider si une découverte de plus vaut le risque de perdre son bâtiment. Avant d’écrire le voyage, il faut en ramener les voyageurs.
Un tour du monde pour la France
En 1766, Louis-Antoine de Bougainville part pour une circumnavigation française. La Boudeuse sera rejointe par L’Étoile. Des marins et des savants embarquent : il faut naviguer, représenter le royaume et rapporter des connaissances utiles. La Boudeuse est une frégate. L’Étoile transporte notamment des vivres. Les deux bâtiments devront se retrouver pour poursuivre la route.
D’abord, rendre les clefs
Avant de traverser le Pacifique, Bougainville a reçu un ordre peu ordinaire. Il doit remettre à l’Espagne l’établissement français des îles Malouines, à la fondation duquel il a lui-même participé. Le 1er avril 1767, les Espagnols en prennent possession. Certains habitants choisiront de rester sur place. Le capitaine poursuit la mission que lui a confiée le roi.
Un bateau plein de métiers
Sur un long voyage, les outils et les compétences comptent autant que les voiles. Le botaniste Philibert Commerson collecte des plantes avec Jeanne Baret, embarquée comme son assistant. Derrière le nom du chef, tout un équipage construit la réussite. Les collectes les plus délicates se gâtent vite. Dans l’humidité du bord, il faut sans cesse surveiller le papier et les échantillons.
La porte du Pacifique
Le détroit de Magellan exige de la patience. Vents, courants et passages compliquent la progression. Quand les navires débouchent enfin dans le Pacifique, ils ne gagnent pas la facilité : ils entrent dans des distances immenses, avec des réserves limitées. Chaque journée d’attente rend plus précieux les biscuits, les tonneaux d’eau et les occasions de renouveler les réserves.
Tahiti et le regard du visiteur
En 1768, Bougainville fait escale à Tahiti. Les paysages et les rencontres marquent profondément les Français. Son récit contribuera à faire de l’île un lieu de rêve pour les lecteurs européens. Mais un séjour bref ne permet pas de comprendre toute une société. Un visiteur voit les gestes. Pour en saisir le sens, il doit encore apprendre les mots et écouter ce que l’on veut bien lui expliquer.
Aotourou part vers l’Europe
À Tahiti, un voyageur monte à bord. Il se nomme Aotourou. Cette fois, c’est un Polynésien qui regarde les Français vivre chez eux, d’abord sur leur navire, puis à Paris. Bougainville apprend de lui les noms d’autres îles et des renseignements sur la façon de se diriger en mer. Les deux hommes ont chacun quelque chose à demander à l’autre.
Choisir de ne pas insister
Dans le Pacifique occidental, les récifs et le manque de vivres imposent des décisions difficiles. Bougainville renonce à certains passages. Un chef de voyage doit parfois accepter de laisser une question ouverte pour préserver les hommes capables de la raconter. Les marins savent ce que vaut un écart de quelques mètres entre une coque intacte et des rochers qui la briseraient.
Le retour et le livre
En 1769, Bougainville revient en France. Son Voyage autour du monde paraît en 1771 et rencontre un grand écho. Le périple devient un livre où l’on découvre des paysages, mais aussi les limites et les interrogations d’un observateur européen. Le lecteur parcourt en quelques soirées ce que le marin a mis près de deux ans et demi à traverser.
À toi de poursuivre le voyage
C’est une aventure de décisions. Rendre un établissement, embarquer un passager, refuser un passage trop dangereux, puis corriger une phrase de son livre. Ces gestes très différents appartiennent au même homme. Ils expliquent comment un tour du monde français a pu nourrir, longtemps après, la curiosité de ses lecteurs.