Émile Zola (1840–1902)

L’eau qui devait venir à Aix

Émile Zola naît à Paris le 2 avril 1840 et grandit à Aix-en-Provence. Son père, François, dessine un canal pour amener l’eau dans la ville. Il meurt en 1847, avant la fin des travaux. Au collège, Émile devient l’ami de Paul Cézanne. L’un écrira des livres, l’autre peindra des tableaux ; pour le moment, ils aiment surtout partir ensemble marcher dans la campagne.
De la ficelle autour des livres

En 1858, Émile retrouve Paris. Il échoue au baccalauréat et manque d’argent. En 1862, il entre chez l’éditeur Hachette. Son premier travail ? Préparer les expéditions, avec des livres à emballer. Puis il fait connaître les nouveautés aux journaux. Il découvre ainsi le long chemin d’une histoire : après la dernière phrase de l’auteur, il faut encore un imprimeur, un libraire et quelqu’un qui ait envie de lire.
Un passage où l’on hésite à entrer

Zola publie ses propres contes, puis quitte Hachette pour écrire. Dans Thérèse Raquin, en 1867, il installe une petite boutique au fond d’un passage parisien. La lumière traverse mal les vitres. Avant même de connaître les personnages, on sent qu’ils vivent dans un lieu étroit. Pour Zola, un lieu bien choisi commence déjà à raconter quelque chose.
Des cousins dans plusieurs livres

En 1870, Émile épouse Alexandrine. L’année suivante paraît La Fortune des Rougon. C’est le début des Rougon-Macquart, l’histoire d’une famille inventée. Au lieu de faire vivre tout le monde dans un seul roman, Zola suit ses personnages dans des métiers et des quartiers différents. Un livre peut raconter la mère ; un autre, bien plus tard, l’un de ses enfants.
Le rêve d’une blanchisseuse

Dans L’Assommoir, paru en 1877, Gervaise rêve d’avoir sa propre blanchisserie. Les draps à battre au lavoir, les fers lourds à soulever, le linge à livrer : Zola fait sentir ce travail dans les bras du lecteur. Son héroïne connaît aussi la pauvreté et la boisson fait des ravages autour d’elle. Beaucoup de lecteurs découvrent un Paris qu’ils n’avaient jamais vu ainsi dans un livre.
Des histoires au bord de la Seine

Grâce au succès de son roman, Émile et Alexandrine achètent en 1878 une maison à Médan. Il l’agrandit pour y travailler. Des écrivains s’y retrouvent. En 1880, six d’entre eux publient Les Soirées de Médan. Ils sont partis d’un même sujet, la guerre de 1870, et ont écrit six récits différents. L’un porte la signature de Guy de Maupassant.
Une lampe dans la mine

En 1884, des mineurs sont en grève à Anzin. Zola va dans le bassin minier : il visite les logements et descend dans une fosse. Une lampe éclaire un petit morceau de galerie ; au-delà, le noir reprend. Il veut connaître les gestes du métier avant d’inventer ses personnages. Partir de ce qu’on a vu pour faire comprendre comment les gens vivent : cette idée est au cœur du naturalisme, sa façon d’écrire des romans. Germinal paraît en 1885. Étienne, le jeune homme qui arrive à la mine au début du livre, est un fils de Gervaise.
Vingt livres et un appareil photo

En 1893, Zola termine les Rougon-Macquart avec Le Docteur Pascal. La famille de papier remplit vingt romans. Il aime aussi la photographie : installer l’appareil, choisir un endroit, attendre un instant précis. Un photographe qui se déplace de quelques pas ne fait plus tout à fait la même image. L’écrivain choisit lui aussi où il place le lecteur.
Une lettre que tout Paris peut lire

Le capitaine Alfred Dreyfus est condamné en 1894 pour avoir livré des secrets à l’Allemagne. Il est innocent. Zola étudie l’affaire et prend sa défense. Le 13 janvier 1898, le journal L’Aurore publie sa lettre ouverte au président de la République. J’accuse… !, annonce le titre. Au lieu de glisser sa lettre dans une enveloppe destinée à un seul homme, Zola la fait lire à des milliers de personnes.
Rentrer sans avoir tout gagné

Zola est condamné pour ce qu’il a écrit. En juillet 1898, il quitte la France pour l’Angleterre. Il rentre en juin 1899. Dreyfus est encore condamné cette année-là, puis gracié : il peut rentrer chez lui, mais le jugement n’a pas disparu. Zola meurt à Paris le 29 septembre 1902. En 1906 seulement, quatre ans après sa mort, la justice annule la condamnation de Dreyfus et reconnaît son innocence.
Sources
- Société littéraire des amis d’Émile Zola, Les Cahiers naturalistes — Émile Zola : une vie — https://www.cahiers-naturalistes.com/documents/zola-et-arts/ecrits-sur-lart-de-zola/emile-zola-une-vie/
- Bibliothèque nationale de France — Zola au jour le jour — https://www.bnf.fr/fr/zola-au-jour-le-jour
- Bibliothèque nationale de France — Germinal, édition de 1885 — https://catalogue.bnf.fr/ark%3A/12148/cb31690683k
- Archives zoliennes — J’Accuse et la réhabilitation de Dreyfus — https://www.archives-zoliennes.fr/les-oeuvres-de-zola/jaccuse/
- Émile Zola — Lettre au président de la République publiée le 13 janvier 1898 dans L’Aurore, texte intégral — https://www.cahiers-naturalistes.com/affaire-dreyfus/jaccuse/
- Émile Zola — L’Assommoir (1877), Germinal (1885) et Le Docteur Pascal (1893)