Ida Pfeiffer
Ida Pfeiffer
Une voyageuse rentre à Vienne avec un carnet bien rempli et peu d’argent. Où trouver de quoi repartir ? Ida Pfeiffer pose son carnet sur la table. Si des lecteurs veulent acheter le récit de son voyage, l’aventure qu’elle vient de terminer pourra payer une partie de la suivante.
Un rêve longtemps rangé
Ida Pfeiffer grandit à Vienne avec le goût des récits lointains. La vie familiale et les difficultés financières l’occupent longtemps. Quand ses fils sont adultes, elle peut enfin préparer son départ. Elle a déjà plus de quarante ans. Son âge compte dans cette histoire. Lorsqu’elle s’en va, elle sait déjà tenir un budget et faire face aux imprévus.
Partir avec peu
En 1842, Ida part vers le Proche-Orient. Elle surveille ses dépenses, accepte des conditions inconfortables et apprend au fil des étapes. Son aventure dépend moins d’un grand équipement que d’une préparation attentive et d’une capacité à s’adapter. Une place modeste sur un bateau permet de garder quelques pièces pour la prochaine étape.
Un cheval pour l’Islande
En 1845, Ida se rend en Islande. Quand la route s’efface, un cheval et un guide valent mieux qu’un itinéraire soigneusement recopié avant le départ. Les champs de lave et les pentes l’obligent à changer de rythme. Le soir, la voyageuse recommence à écrire. Le prochain lecteur voudra savoir comment on franchit un tel pays.
Le livre finance le prochain départ
Ida transforme ses notes en livres. Les lecteurs s’intéressent à cette voyageuse qui raconte ce qu’elle a vu sans disposer des moyens d’une grande expédition. Les revenus et la réputation obtenus l’aident à organiser de nouveaux départs. Les lecteurs découvrent les prix, les repas et les logements à côté des grandes vues. Ils peuvent imaginer une journée entière de voyage.
Deux fois autour de la Terre
Ida réalise un premier tour du monde entre 1846 et 1848, puis un second entre 1851 et 1855. Les étapes la conduisent en Amérique, en Asie et dans les mers du Sud. Chaque départ semble agrandir ce qu’elle pensait encore possible. À Bornéo, elle doit s’en remettre à des personnes qui savent conduire la pirogue et négocier les étapes.
Des passagers minuscules
Les caisses qui rentrent avec Ida renferment aussi des insectes, des coquillages ou des minéraux. Une petite bête fragile peut être bien plus difficile à rapporter qu’un gros caillou. Il faut protéger les spécimens et retenir leur lieu d’origine. Des naturalistes de Vienne pourront ensuite les étudier loin du lieu de collecte.
Madagascar, le voyage de trop
En 1857, Ida se rend à Madagascar. Elle se retrouve prise dans une situation politique tendue autour d’Européens présents sur l’île et doit partir. Malade, elle regagne finalement Vienne, où elle meurt en 1858. Tous les départs ne permettent pas de recommencer. Elle se trouve prise dans un conflit politique sur lequel elle a bien peu de prise.
Le courage de commencer tard
L’histoire d’Ida Pfeiffer ne tient pas à un seul exploit. Elle tient à une décision répétée : préparer un voyage, partir, apprendre, puis trouver comment repartir. La femme qui avait longtemps attendu aura accompli deux tours du monde et laissé plusieurs récits. Les objets qu’elle rapporte entrent aussi dans des collections. Les livres racontent ses étapes, les spécimens permettent d’autres observations.
À toi de poursuivre le voyage
Ida part assez tard pour avoir déjà vécu une autre vie. Elle apprend, vend ses récits, recueille des spécimens et organise un nouveau départ. Elle réussit ainsi deux tours du monde. Dans une collection de musée, un insecte gros comme un ongle rappelle encore l’ampleur de cette entreprise.