Maurice Herzog et Louis Lachenal
Annapurna I · Une cordée au Népal
Annapurna I · Une cordée au Népal
01 · ANNAPURNA · NÉPAL, 1950 Maurice Herzog et Louis Lachenal
Un homme apparaît sur la photographie du sommet de l’Annapurna. Le second tient l’appareil. Pour comprendre ce qui s’est passé le 3 juin 1950, il faut restituer leur double présence et celle des équipes qui les attendent plus bas. La descente donne à ces liens une importance vitale.
02 · ANNAPURNA · NÉPAL, 1950 Les provisions prennent le sentier
Printemps 1950 · La marche d’approche
Avant les premières pentes de neige, il faut marcher dans les vallées du Népal. Les provisions, les cordes, les appareils photo et les tentes voyagent à dos d’homme. Maurice Herzog dirige l’expédition. Louis Lachenal, guide à Chamonix, est l’un des grimpeurs. Les deux hommes avancent au sein d’une longue caravane.
Les porteurs recrutés pour l’approche passent le relais aux équipes d’altitude. Parmi celles-ci, Ang Tharkay est le sirdar, le chef des sherpas de l’expédition. Son expérience lui donne un rôle décisif dans la répartition des tâches et l’installation des camps.
03 · ANNAPURNA · NÉPAL, 1950 Derrière la première crête
Avril et mai · Dhaulagiri ou Annapurna ?
L’équipe peut tenter le Dhaulagiri ou l’Annapurna. De loin, une arête semble conduire au bon endroit. En s’approchant, on découvre une gorge ou un mur de glace. Les grimpeurs explorent plusieurs passages et finissent par choisir le versant nord de l’Annapurna. Les pluies de la mousson approchent.
Les documents disponibles ne donnent pas aux alpinistes français une route prête à suivre. Les habitants connaissent leurs vallées. Dans la haute montagne, l’équipe doit encore reconnaître les liaisons entre les versants et estimer la difficulté des glaciers.
04 · ANNAPURNA · NÉPAL, 1950 Une terrasse pour deux
2 juin · Le dernier camp
Jusqu’au dernier camp, la pente est si forte qu’on ne peut pas simplement déplier une tente. Maurice Herzog et Louis Lachenal travaillent avec Ang Tharkay et Ang Dawa pour dégager une plateforme. Les deux sherpas redescendent. Les deux Français se glissent dans leurs sacs de couchage.
Le camp est installé à plus de sept mille mètres. La pression de l’air y est bien inférieure à celle du niveau de la mer. À chaque inspiration, le corps reçoit moins de molécules d’oxygène. Creuser ou faire fondre de la neige demande un effort considérable.
05 · ANNAPURNA · NÉPAL, 1950 Au bout de la pente
3 juin 1950 · Le sommet de l’Annapurna I
Le 3 juin 1950, Maurice Herzog et Louis Lachenal atteignent ensemble le sommet de l’Annapurna I, à 8 091 mètres. C’est la première ascension réussie d’un sommet de plus de 8 000 mètres. Lachenal photographie Herzog là-haut. Il faut bientôt repartir, avec les jambes déjà fatiguées.
Des alpinistes avaient déjà dépassé l’altitude de 8 000 mètres sur les pentes de l’Everest. Ce jour-là, pour la première fois, une équipe atteint la cime d’une montagne qui dépasse ce seuil. Herzog et Lachenal n’utilisent pas d’oxygène en bouteille pour cette ascension.
06 · ANNAPURNA · NÉPAL, 1950 Retrouver les compagnons
Du 3 au 5 juin · Les camps d’altitude
La descente tourne au secours. Les pieds de Lachenal sont gelés. Herzog a aussi les mains très atteintes. Les deux hommes retrouvent Lionel Terray et Gaston Rébuffat au camp d’altitude. Le lendemain, la visibilité se dégrade. Les quatre doivent passer une nuit à l’abri dans une crevasse.
Les gelures ôtent à Lachenal la possibilité de poser normalement ses pieds. Pour Herzog, tenir une corde devient extrêmement difficile. Ils doivent encore franchir la zone de crevasses avant de rejoindre le médecin de l’expédition.
07 · ANNAPURNA · NÉPAL, 1950 Redescendre, ensemble
Juin 1950 · Le chemin de la vallée
Plus bas, des sherpas rejoignent les grimpeurs. Le médecin Jacques Oudot soigne les blessés. Pour parcourir les sentiers du retour, il faut encore les transporter et se relayer. Les deux hommes sont montés jusqu’au sommet. Beaucoup d’autres leur permettent de rentrer vivants.
Les gelures entraînent des amputations pour tous les deux. Les photographies du retour et les récits du médecin montrent le prix physique de l’ascension. Le portage des blessés continue dans les vallées, bien après la fin de l’escalade.
08 · ANNAPURNA · NÉPAL, 1950 Le froid dans les chaussures
Un corps et une montagne
La perte de sensibilité prive le grimpeur d’un avertissement. Lachenal, guide de métier, connaît l’importance de ses pieds pour son travail autant que pour la descente immédiate. Ses écrits accordent une large place à cette inquiétude.
Les récits publiés ne donnent pas le même poids aux buts de l’ascension. On peut reconnaître les risques éprouvés par Lachenal sans inventer le dialogue exact des deux hommes sur la pente.
09 · ANNAPURNA · NÉPAL, 1950 Qui tient l’appareil ?
Les photographies du sommet
Le cliché du sommet enregistre la présence d’Herzog et le point de vue de Lachenal. Lorsqu’une légende donne seulement le nom du personnage visible, celui du photographe peut s’effacer de la mémoire des lecteurs.
La photographie est une pièce du dossier. Pour connaître la route, les horaires approximatifs et les difficultés, il faut la rapprocher des carnets, des témoignages et des vues prises depuis les camps inférieurs.
10 · ANNAPURNA · NÉPAL, 1950 Les équipes de la haute montagne
Ang Tharkay, Ang Dawa et leurs compagnons
Les compétences ne se résument pas au partage entre ceux qui porteraient et ceux qui grimperaient. Pour installer le dernier camp, Ang Tharkay et Ang Dawa gravissent les pentes avec Herzog et Lachenal et participent à la recherche d’un emplacement utilisable.
Les porteurs des vallées, les sherpas d’altitude, les guides, le médecin et le cinéaste n’interviennent pas aux mêmes endroits. Suivre une charge, une personne blessée ou une image révèle à chaque fois une autre chaîne de coopération.
11 · ANNAPURNA · NÉPAL, 1950 Deux voix pour un sommet
Comparer des témoignages
Le récit public d’Herzog porte la responsabilité du chef et l’attente de ceux qui finançaient ou suivaient l’expédition. Dans ses propres écrits, Lachenal insiste sur les décisions immédiates, le risque physique et son engagement envers son compagnon.
Ces différences se compliquent d’une histoire éditoriale. Un commentaire écarté d’une première publication peut réapparaître dans une édition ultérieure. Pour citer Lachenal, il importe donc de vérifier à la fois les mots, leur date et l’édition dont on les tire.
12 · ANNAPURNA · NÉPAL, 1950 Le film de l’expédition
Marcel Ichac · Images tournées pendant l’expédition de 1950
Victoire sur l’Annapurna, sorti en 1953, assemble des images rapportées par Marcel Ichac. Une illustration, une prise de vues et un récit ultérieur sont trois documents de nature différente. Les images de cette fiche sont des reconstitutions.
Sources
- Maurice Herzog · Témoignage de 1951, Himalayan Journal
- Louis Lachenal · Sur l’Annapurna, éditions Guérin
- Marcel Ichac · Archives et parcours du cinéaste