Guy de Maupassant (1850–1893)

Grandir entre les galets et les falaises

Guy de Maupassant naît le 5 août 1850 au château de Miromesnil, en Normandie. Il passe une partie de son enfance à Étretat, avec sa mère Laure et son frère Hervé. Sur cette côte de galets, le même lieu change avec la marée : là où l’on marchait tout à l’heure, voici de l’eau. La Normandie donnera à Guy des paysages, mais aussi des métiers et des façons de parler à faire entendre dans ses livres.
L’écrivain qui demande de regarder

Après l’école d’Yvetot, Guy étudie à Rouen. Il aime les vers et rêve de les faire lire. Gustave Flaubert, un écrivain ami de sa famille, devient son maître. Il lui apprend à chercher un détail qui n’appartient qu’à ce qu’il regarde. Écrire « un cheval passe », c’est déjà une phrase. Mais comment reconnaître ce cheval-ci dans la rue, parmi dix autres ? Voilà qui demande de bons yeux.
Écrire après la journée de bureau

En 1870, Guy a vingt ans quand la guerre contre la Prusse le rattrape. Il voit les troupes françaises en déroute en Normandie. En 1872, il entre au ministère de la Marine, à Paris. Il travaille sur des documents, sans partir en bateau. Plus tard, il passe au ministère de l’Instruction publique. Et, en dehors du bureau, il continue d’envoyer ses essais à Flaubert.
Les dimanches à la rame

Près d’Argenteuil puis de Bezons, Guy retrouve la Seine. Le canotage, c’est le plaisir de faire avancer sa barque à la rame. On travaille avec les bras, mais on garde les oreilles ouvertes : au bord du fleuve se croisent pêcheurs, employés en promenade et amateurs de canot. En 1875, Guy signe un premier conte d’un autre nom que le sien : Joseph Prunier.
Dix personnes dans une voiture

En 1880, six écrivains publient Les Soirées de Médan. Guy y raconte Boule de suif. Pendant la guerre, dix voyageurs partagent une diligence. Une passagère qu’on regardait de haut ouvre son panier quand les autres ont faim. Les gens très bien habillés acceptent volontiers son repas ; quand elle aura besoin d’eux, ils seront beaucoup moins généreux. Le récit rend Maupassant célèbre. Flaubert a le temps de lire ce succès avant de mourir en mai, cette même année.
Jeanne traverse les années

Guy écrit pour les journaux et publie des histoires courtes, qu’on appelle des nouvelles. En 1883 paraît son roman Une vie. Jeanne, son héroïne, quitte le couvent et revient auprès de ses parents en Normandie. Elle imagine une vie tout entière devant elle. Le roman suit cette jeune fille bien au-delà de ses premières vacances : il montre aussi les attentes, les chagrins et les années que personne n’avait prévues.
Le garçon qui veut réussir

En 1885, Bel-Ami emmène les lecteurs dans Paris. Georges Duroy a peu d’argent, mais beaucoup d’ambition. Un ancien camarade lui ouvre la porte d’un journal. Georges veut qu’on le remarque ; une petite fille lui trouve un surnom, Bel-Ami. Il avance en s’appuyant sur les autres, sans toujours les remercier. Quand le livre se termine, il a beaucoup gagné. A-t-il pour autant appris à bien agir ?
De l’eau sur la table de nuit

Dans la version de 1887 du Horla, un homme tient un journal. Le soir, une carafe d’eau est pleine ; le matin, elle ne l’est plus. L’homme se demande si quelqu’un qu’il ne voit pas est entré. Guy ne montre aucun monstre au lecteur. Il laisse ce petit objet ordinaire devenir inquiétant. Pour donner des frissons, a-t-on vraiment besoin de dents pointues ?
Le livre qui prend la mer

Les livres de Guy ont du succès. Il peut voyager sur la Méditerranée à bord d’un voilier qu’il appelle Bel-Ami. Dans Sur l’eau, paru en 1888, il raconte une croisière le long de la côte. Le vent décide parfois mieux que le navigateur de l’endroit où l’on passera la journée. En 1889, il achète un second voilier. Il l’appelle lui aussi Bel-Ami.
Des histoires plus longues que sa vie

Sa santé se dégrade. Il essaie encore d’écrire, mais ne termine pas son dernier roman, L’Angélus. En 1892, il entre dans une maison de santé à Passy, à Paris. Il y meurt le 6 juillet 1893, à quarante-deux ans. Quelques jours plus tard, son ami Émile Zola prend la parole pour lui dire adieu. Les deux écrivains du livre de Médan se retrouvent ainsi une dernière fois.
Sources
- Marlo Johnston, Les Amis de Flaubert et de Maupassant — Chronologie biographique — https://www.amis-flaubert-maupassant.fr/guy-de-maupassant/biographie/
- Guy de Maupassant — Boule de suif, dans Les Soirées de Médan (1880)
- Guy de Maupassant — Une vie (1883) ; Bel-Ami (1885)
- Guy de Maupassant — Le Horla (versions de 1886 et 1887) ; Sur l’eau (1888)
- Guy de Maupassant — Le Roman, en tête de Pierre et Jean (1888)
- Catalogue collectif de France, BnF — Lettre du docteur Blanche, 16 janvier 1892 — https://ccfr.bnf.fr/portailccfr/ark%3A/16871/004b1550583
- Archives municipales de Cannes — Le premier Bel-Ami et la navigation de Maupassant — https://expos-historiques.cannes.com/cannes-et-la-mer/nautisme-et-croisieres
- Les Amis de la Maison Fournaise — Les yachts Bel-Ami, d’après les actes de vente — https://amisfournaisechatou.com/wp-content/uploads/2018/01/association_amis_maison_fournaisebulletin_3.pdf